Au XVIe siècle, le développement et l’innovation de différentes techniques pour écrire la musique continuent en ayant pour axe propulseur théorique les paradigmes proposés par l’école franco-flamande. Ces paradigmes permettent des architectures d’écriture musicale polyphonique de plus en plus complexe et intègrent des lettres et parfois des chansons complètes en langue vernaculaire, produisant une polyphonie acoustique que des chœurs de plus en plus nombreux en membres chantent sous les voutes des temples, basiliques et cathédrales.
Les basiliques majeures de Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean-de-Latran et la basilique Saint-Pierre du Vatican à Rome abritent des chorales de plus de 40 choristes distribués en différentes voix appelées aussi pupitres. Un pupitre peut rassembler plusieurs dizaines de personnes. Le nombre de pupitres dépend du nombre de portées sur lesquelles les compositeurs ont écrit la mélodie et l’harmonie de leurs oeuvres, car chacune des portées est écrite pour différents pupitres. La chorale de la basilique majeure Saint-Pierre du Vatican a comme chorales la Cappella Giulia et la chorale pontificale, cette dernière dédiée complètement au service du Pape. La Chorale de la Capella Giulia est instaurée en 1513, mais sa tradition est enracinée dans la Scolla Cantorum fondée par Gregoire au début du Moyen ge. Elle guide les règles de la composition chorale et musicale dans toutes les églises catholiques jusqu’à l’émergence des écoles d’Ars Antigua et Ars Nova à l’Université de Paris, suivi par l’école bourguignonne et l’école franco-flamande. Appartenir à cette chorale c’est être sujet à une minutieuse sélection fondée sur la connaissance du choriste de la musique grégorienne et de la polyphonie flamande. En 1555, Giovanni Pierluigi Palestrina devient directeur de cette chorale et rayonne sur le monde de la composition écrite et de la direction musicale.
Lorsque Palestrina a 15 ans, il fait partie de la chorale de la basilique majeure de Sainte-Maria-Majeure où il excelle dans sa formation en chant grégorien, contrepoint, orgue et la composition des œuvres polyphoniques en suivant les acquis de l’école franco-flamande, ce qui lui permet d’être nommé chantre et directeur de la chorale de la Cappella Giulia. Ses œuvres de composition sont surtout des messes, madrigaux et motets. Compositions dans lesquelles il intègre de quatre à six pupitres, qui sont reprises par toute l’Europe et font de lui un des plus importants compositeurs et propulseurs des chorales complexes.
