Rick et Jane Groenewegen tentent de rescaper un remorqueur historique.
Le remorqueur Radium Dew serait un des rares vestiges maritimes de la Guerre froide dans l’Arctique. Jane et Rick Groenewegen, de Hay River, cherchent un appui financier pour mettre en valeur son caractère historique, qui reflète aussi l’identité de la municipalité du Slave Sud.
Selon le site Internet Nauticapedia, le Radium Dew a été construit en 1955 à Vancouver par la firme Allied Shipbuilders.
C’est le gouvernement américain qui l’a payé, explique l’ancienne députée de Hay River Sud Jane Groenewegen, qui ajoute que tous les bateaux de cette génération comportaient le mot « Radium » dans leur nom.
Le Radium Dew empruntait le Mackenzie en partant de Hay River pour naviguer jusqu’à l’ile Herschel, dans la mer de Beaufort et, vers l’Est, jusqu’à la mer de Barents. Il tirait des barges contenant pétrole et vivres pour alimenter le personnel du réseau d’alerte avancée [ligne DEW], cette chaine arctique de stations radars qui devait prévenir les attaques du bloc communiste.
Tombé en désuétude à la fin des années 80, le Réseau a été remplacé par le Système d’alerte du Nord. Le bateau, lui, a cessé d’opérer au milieu des années 70.
De l’Ouest au Nord
Rick Groenewegen est un ingénieur maritime qui a pris sa retraite en 2010 et est intarissable sur les aspects historiques et techniques de sa profession. Il raconte que le bateau a été transporté en pièces de Vancouver jusqu’à Fort McMurray.
Une fois assemblé, il a navigué jusqu’à Hay River, avec un passage hors de l’eau entre Fort Fitzgerald et le lieudit Bell Rock, en aval de Fort Smith, pour notamment éviter les rapides de la rivière Slave.
« Il y a environ 10 ans, rappelle M. Groenewegen, la Northern Transportation Company (NTCL), qui possédait le Radium Dew, a voulu prouver qu’elle pouvait transporter des barges dans les deux sens du courant. » Ce qu’ils ont fait, de Hay River jusqu’à Fort McMurray, utilisant un vieux camion et une remorque pour le passage hors de l’eau.
Rick et Jane Groenewen ont racheté le bateau de la NTCL en 1985 pour la somme de 12 000 $. Ils ont ensuite ajouté 8000 $ pour la peinture, puis 26 000 $ pour le faire transporter sur le bord du fleuve en cale sèche.
Il est actuellement sur le chantier naval de Hay River. À cause d’un trou dans la coque, il a failli couler lors d’une inondation il y a quelques années.
Quoi faire ?
« Il ne reste plus beaucoup de bateaux comme ça, explique Rick Groenewegen. Il y en a d’autres ici, mais ils planifient de les démonter. »
Il y a une certaine circulation à Hay River, avance-t-il, et le bateau a une valeur historique.
Le couple n’a pas d’idée précise de préservation; il est un peu à la merci d’une aide extérieure pour développer un projet. Or, ni le gouvernement ténois, ni la municipalité de Hay River, ni la Hay River Museum Society ne se sont montrés intéressés. Le ministère du Patrimoine canadien étudiera les possibilités d’investissement.
L’option de remettre à flot le Radium Dew serait trop onéreuse, estime l’ingénieur maritime. Le bateau pourrait rester en cale sèche sur son site actuel ou être transporté plus loin.
Autrement, le Radium Dew pourrait être transformé en restaurant, être utilisé pour un camp pour la jeunesse, ou plus simplement devenir un lieu de visites guidées.
