L’opéra Daphné est la première composition dans l’histoire de la musique considérée comme de l’opéra.
Elle met en conjonction la mythologie écrite par des auteurs de l’Antiquité gréco-romaine tels qu’Ovide dans Métamorphoses, revitalisée par les révisions philologiques des intellectuels de la Renaissance, et le besoin de réunifier l’écriture musicale avec l’écriture poétique.
Le mythe de Daphné raconté par Ovide et repris par Ottavio Rinuccini raconte des évènements produits par l’amour et la passion d’Apollon, dieu gréco-romain, fils de Zeus, pour Daphné, fille du dieu fleuve Penée. L’amour et la passion d’Apollon sont insufflés par Cupidon aux suites d’une querelle avec Apollon sur les produits de ses flèches. Cette querelle fait en sorte que Cupidon lance deux flèches. La première avec la pointe en or vise Apollon en produisant en lui l’amour et la passion pour Daphné, et la deuxième flèche avec la pointe en plomb vise Daphné et engendre une forte volonté de rester vierge. La trame centrale du poème est composée par les vers récités par Apollon dans sa poursuite de Daphné, et les prières de Daphné à la déesse Diane et à son père Pénée pour la protéger dans sa décision de rester vierge. Vers la conclusion de ce poème, Daphné est transformée en laurier, lequel Apollon embrasse en ressentant la palpitation du cœur de sa bienaimée, et en prenant une de ses branches pour en faire sa lyre, et de ses feuilles la couronne qui glorifie sa tête et ceux des victorieux.
Ce mythe est repris par Ottavio Rinuccini, poète florentin, qui pour écrire le premier livret de l’histoire de l’opéra, coordonne avec Jacopo Péri la structure des vers en interrelation avec les récitatifs et les harmoniques. Livret dans lequel Jacopo Pieri compose une grande partie de la musique, complétée par Ottavio Corse, un autre membre de la camerata florentina. La présentation de cet opéra est faite au palais de Corsi en 1697-98 après trois années de travail. Cette œuvre affirme la conviction de la camerata florentina de ne pas utiliser la polyphonie vocale, car elle éclipse la beauté et les effets de la parole, et pour situer l’harmonie ils utilisent seulement trois flutes, un clavecin, un luth, un archiluth et une viole. Et l’opéra prend son envol !
