Se prendre pour Klimt ou Kahlo au Saxifrage Studio
Un verre dans une main, un pinceau dans l’autre, il y a moyen de passer un vendredi soir culturel et instructif à Yellowknife grâce aux ateliers Art of the Van Gogh de Tracey Bryant, destinés aux adultes pressés.
Calembour plutôt difficile à traduire, le nom de la série d’ateliers est basé sur l’homonymie entre Gogh et go, et sur son lien avec le public ciblé.
Tracey Bryant, du Saxifrage Studio, offre principalement aux enfants des ateliers d’initiation aux grands peintres. Ces ateliers sont étalés sur quatre semaines. Il y a cinq ans, elle a fait une brève tentative d’en donner une version similaire aux adultes. « Mais il y avait toujours la moitié de la classe qui manquait, raconte-t-elle. Les gens étaient occupés, ils voyageaient, ils étaient malades. […] Alors j’ai trouvé une approche différente… »
Depuis cet automne, les ateliers pour adultes se donnent deux vendredis soirs par mois. Bien sûr, personne ne devient un virtuose en quelques heures, note l’artiste. Mais c’est suffisant pour que les participants construisent leur confiance et réussissent des choses dont ils se seraient crus incapables.
Et ils ont du plaisir. Le prix d’entrée donne droit, outre au matériel, à du chocolat et à du vin, ce dernier provenant, dans la mesure du possible, de la patrie de l’artiste étudié. « C’est décontracté et amusant, assure-t-elle. »
Si la majorité des élèves sont des femmes – à cause du vin, rigole Tracey Bryant, il y a aussi des couples qui se font une sortie.
Processus
En plus concentrés, ces ateliers pour adultes ressemblent passablement à ceux que Tracey Bryant, formée aux universités Concordia et Emily Carr, donne aux enfants depuis plus de cinq ans.
« Je présente l’artiste et le style, explique Tracey Bryant, ce qui l’inspirait, sa place dans l’histoire et les éléments clés de son œuvre, comme les éléphants et les entrejambes dans Dali, qui sont récurrents. Les participants essaient d’incorporer ces éléments dans leur peinture. »
Pour l’atelier sur Gustav Klimt, par exemple, l’enseignante souligne ses techniques et son iconographie, son utilisation de dorures, les postures typiques des personnages peints, ainsi que les spirales et les symboles égyptiens présents dans ses toiles.
Malgré cet objectif de se fondre dans l’univers d’un peintre, l’individualité des élèves ressort toujours, avance Tracey Bryant, qui ajoute que les peintures de chacun sont différentes.
Mme Bryant choisit les artistes en fonction de leur notoriété, mais aussi du lien de leur œuvre avec la saison. Klimt, par exemple, à cause des paillettes, se marie bien aux Fêtes… même si d’aucuns penseront plutôt au Cri de Munch.
La prochaine session devrait commencer la troisième semaine de janvier. Tracey Bryant est ouverte aux suggestions; elle compte néanmoins donner un atelier axé sur La nuit étoilée, de Van Gogh, aborder un paysagiste canadien comme Tom Thompson, et visiter Monet au printemps.
