Au château du Louvre, huit ans après la présentation du Ballet de la nuit et dix années avant la fondation de l’Académie royale de musique, l’Académie royale de danse émerge avec force en 1661 pour analyser les danses de cour et les faire évoluer vers une optimisation et une beauté esthétique des mouvements du danseur. C’est une corporation dans laquelle treize maitres de danse (dont plusieurs appartiennent à des familles de maitres de danse), échangent leurs connaissances des principes aériens et dynamiques de la danse et de l’esthétique physiologique du danseur.
Les connaissances des membres de l’Académie royale de danse se trouvent fondées sur quatre fontaines de la connaissance : des traditions transmises oralement dans les cours d’Europe relatives aux différentes catégories de danses de cour, des écrits publiés depuis la publication par l’Italien Domenico da Pienza de l’ouvrage De arte saltandi et choreas ducenti en 1455, et par Thoinot Arbeau en 1588 d’un traité en français, Orchesographie; des connaissances du symbolisme attaché à la danse et transmises de manière exotérique à l’intérieur des discussions entre chorégraphes et maitres de danse de la cour française depuis Balthasar de Beaujoyeux et Catherine de Médicis, et de leurs propres expériences et expérimentations. Les résultats de leur analyse ne sont pas publiés ni divulgués à l’extérieur de l’Académie royale de danse. Ces connaissances guident les pratiques chorégraphiques du roi et de sa troupe de danseurs, ce qui était sévèrement critiqué par des confréries de musiciens et ménestrels de Paris. Ils ne publient rien et leur communication reste interne au groupe. Plusieurs années après, il est mentionné que parmi les membres de cette académie, Pierre Beauchamp (maitre principal de danse de Louis XIV) élabore les cinq positions fondamentales du ballet (des pieds et des bras) qui perdurent jusqu’à nos jours et qui sont connues par la séquence ordinale de première position, deuxième position… cinquième position.
Parmi les autres académies qui coordonnent les œuvres marquant le Grand Siècle du Royaume de France, les académies royales d’architecture et celle de peinture et de sculpture jouent un rôle primordial. L’Académie royale d’architecture est fondée en 1671 sous la direction de François Blondel, pour analyser et appliquer les théories architecturales et coordonner la construction des grands monuments architecturaux. Parmi ses membres, on compte les architectes Claude Perrault, Charles le Brun et Luis Le Vau, qui construisent à l’est du palais du Louvre la colonnade du Louvre, un des chefs-d’œuvre du baroque européen d’après les principes énoncés par Vitruve, architecte romain du début de notre ère.
L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h, les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com.
