Pour prolonger le plaisir des journées infinies de l’été boréal, chaque semaine Radio Taïga sort les chaises longues et s’étend avec un artiste en vedette au festival Folk On The Rocks 2019. Cette semaine : Claude Cormier!
Le Madelinot Claude Cormier a grandi dans une famille où l’on est pêcheur de père en fils. Ce métier il l’a lui-même longtemps exercé, puis un choix s’est imposé.
« J’avais deux passions dans la vie : la mer et puis la chanson. Mais, bon, pêcheur, c’était mon métier et chansonnier mon passetemps. À un certain moment donné, cependant, la chanson a commencé à prendre plus de place et je me suis rendu compte que, si je voulais en faire quelque chose, j’allais devoir choisir. »
Il a vendu son bateau et gardé sa guitare… et sa mandoline.
Auteur-compositeur-interprète, Claude Cormier a produit sept albums depuis 2002, où le fond de musique folk se mêle au rock (et même un peu au country) pour appuyer des textes où s’étalent la tragédie et la grâce de la vie insulaire. Le plus récent est paru l’an dernier, il s’intitule Garde ton accent.
« L’accent des Iles, il change d’une ile à l’autre. Moi, je viens d’un petit village qu’on appelle Hav’e-aux-Maisons. Là-bas, on ne p’ononce pas les R. »
Mentor
Dans ses chansons, ce sont les gens qui l’inspirent. Cette façon d’écrire en magnifiant le quotidien lui a été soufflée par son mentor, le grand parolier Georges Langford, auteur, notamment, de la chanson « Le frigidaire ».
« J’ai eu la chance d’apprendre auprès d’un grand artiste. […] George m’a dit “dis ce qui est près de toi. Si c’est vrai, ça va être bon”. »
Acadien, Claude Cormier n’échappe pas à l’exil, une thématique incontournable quand on porte en soi l’errance d’un peuple éparpillé par l’Histoire et qui revient souvent dans les textes de Claude Cormier.
« L’histoire veut qu’on s’exile depuis longtemps. Parfois de force, malheureusement. Partir des Iles, c’est quelque chose sur laquelle j’ai beaucoup écrit, raconte celui qui réside désormais à Rimouski, dans la région du Bas-St-Laurent.
J’écoutais les jeunes dire “on s’ennuie des Iles”, “on veut retourner aux Iles” et moi-même je me souviens bien avoir éprouvé ce sentiment-là. Mais de quoi s’ennuie-t-on au juste quand on s’ennuie des Iles? Je me suis beaucoup posé la question. […] Mais ce qui est bien avec le fait de vieillir, c’est que, parfois, on finit par trouver des réponses à nos questionnements. En ce moment, ce que j’ai fini par comprendre, c’est que je m’ennuie de l’insularité elle-même, du fait d’être sur une ile, d’être embrassé par la mer. J’ai toujours pensé, inconsciemment, que la mer me protège. »
Plus que trois semaines avant Folk On The Rocks!
Retrouvez L’allonge à l’émission Rad Täg les jeudis 16 h sur les ondes de Radio Taïga 103,5 FM et au nouveau radiotaiga.com.
