La splendeur de la période baroque en Espagne éclot au début du siècle d’or espagnol, période débutant en 1492 avec la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colombe, l’expulsion des arabo-musulmans de la péninsule ibérique et la publication du premier précis de grammaire espagnole par Antonio de Nebrija. En Europe, cette époque est aussi ponctuée par les guerres de religion qu’engendrent la réforme protestante et la contreréforme. Ces mouvements idéologiques et sociaux sont à l’origine des ordres catholiques des Ursulines (fondé en Italie par Angela de Merci en 1535) et des Jésuites (fondé par Ignace de Loyola à Paris en 1534) qui ont pour principales missions l’évangélisation et l’éducation.
C’est dans ce contexte que nait, en 1548 à Avila, la figure de proue du baroque espagnol, le compositeur Tomas Luis de Victoria. À 15 ans, Victoria déménage à Rome pour y poursuivre ses études dans le Collège germanique établi par des jésuites. Il deviendra lui-même professeur dans cette institution. C’est également là qu’il fait connaissance avec Giovanni Palestrina, important compositeur du baroque italien. De retour en Espagne, il compose plus de 200 œuvres religieuses (hymnes, magnificats, messes, motets, offices, passions et psaumes). Ses compositions polyphoniques sont caractérisées par l’emphase mise sur la mélodie guidée par des versets poétiques, ainsi que par l’usage d’un nombre restreint de voix pour permettre à la beauté sonore de manifester la richesse des versets. L’œuvre qui se démarque parmi ses compositions est l’Officium Defunctorum, composé pour les funérailles de l’impératrice Marie D’Autriche, qui prit sa retraite en Espagne. Cette œuvre était composée pour six voix.
Le siècle d’or espagnol est également marqué par le foisonnement de la scène littéraire. Miguel de Cervantès publie son chef-d’œuvre Don Quichotte entre 1605 et 1615. C’est à la même époque que paraissent les œuvres du prolixe Lope de Vega (plus de 400 œuvres !). Le travail de ce dramaturge, poète et compositeur musical précède de six décennies celui de Molière et de Shakespeare. De Vega collabore à l’opérette La selva sin amor dont il signe les paroles sur une musique de Philipe Picinine. Cette œuvre inspirera l’opéra La Purpura de la rosa composé par Juan de Hidalgo et ayant comme livret le poème lyrique de Calderon de la Barca portant sur l’histoire d’amour tragique entre Vénus et Adonis. Cet opéra fut le premier à être présenté dans les Amériques. Une production en sera faite en 1701, à Lima au Pérou.
L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h, les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com.
