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le Jeudi 30 janvier 2020 15:41 Culture

L’essor de la musique classique_19

L’essor de la musique classique_19
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Le mémoire Projet concernant de nouveaux signes pour la musique, que Jean Jacques Rousseau propose à l’Académie française en 1742, est lu pour la première fois au mois d’aout de 1941. Ce document présente les signes de la notation musicale existants à ce moment historique, résultat des transformations des neumes (signes graphiques apparus aux débuts du Moyen Âge) qui sont : une portée à plusieurs lignes dans lesquelles une même note a différentes positions (transposition) par rapport aux clés utilisées (ut, la et sol) avec des bémols, des dièses et des bécarres. La durée est représentée par des rondes, des blanches, des noires et des croches (simples, doubles et triples). Les silences par des pauses, des demi-pauses et des soupirs (simple, demi, et quart). 

Le mémoire de Rousseau explique que ce système de notation musicale est inutilement compliqué et difficile à apprendre par les écoliers, et il propose de remplacer le nom des notes par des numéros en commençant par ut (1, 2 […], 7), en situant un point sur le numéro pour désigner une note d’une octave supérieure ou un point sous le numéro pour une octave inférieur. Une ligne oblique qui croise le numéro de manière descendante représenterait le dièse ; de manière ascendante, le bémol. Les lettres A, B, etc. représenteraient les octaves, et le 0, le silence. Le mémoire de Rousseau est reçu par l’Académie française, mais à la suite des analyses comparatives faites par D’Alembert et Jean Philippe Rameau, n’est pas appuyé. Toutefois, Rousseau est retenu par Diderot comme collaborateur à l’Encyclopédie pour les chapitres sur la musique.
En 1750 il écrit Discours sur les sciences et les arts, et en 1752, il présente à l’Académie royale de musique son opéra Le Devin du village. Quelque mois après, il provoque la querelle des bouffons lorsqu’une compagnie italienne présente l’opéra-bouffa La serva padrona (la servante patronne) à l’Académie royale de musique. Cela soulève des protestations de plusieurs philosophes et compositeurs, tels que Diderot et Rameau, qui sont contestés par d’autres, dont Rousseau. Ce dernier écrit des articles interprétés comme étant attentatoires à l’identité française, ce qu’il nie, et il explique dans sa Lettre sur la musique française (un document de vingt-quatre pages) les différences musicales entre le style d’opéra italien et le style d’opéra français. Il remet en question l’harmonie des mélodies musicales de l’orchestre avec le contenu lyrique.

L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h,
les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com