La troisième école de musique qui est importante dans le développement de la musique savante de la période préclassique (contemporaine de l’école préclassique de Vienne et de l’École de Berlin) se développe au nord de la péninsule italienne dans la ville de Mannheim. Cette ville est située sur la rive est du Rhin ; dans la période préclassique, elle est la capitale de l’électorat du palatinat du Rhin (une des sept principautés du Saint-Empire romain germanique) gouverné par les princes électeurs Charles III Philipe et Charles IV Theodore. Ces gouvernants sont associés à la construction du château de Mannheim (considéré comme étant le deuxième plus grand château d’Europe après le château de Versailles) et à la splendeur des arts à Mannheim. C’est Charles III qui, dans les années 1730, avec son maitre de chapelle Carlo Luigi Grua, monte un orchestre qui devient le plus grand d’Europe et connu sous le nom d’École de Mannheim.
L’orchestre et école de Mannheim rayonne dans les années 1740-1760 sous la gouverne de Charles IV Theodore (prince électeur du Saint-Empire romain germanique, promoteur et mécène des arts visuels et musicaux) qui embauche Johan Stamitz, d’abord comme premier violoniste de son orchestre, et qui devient ensuite son directeur et compositeur principal. Cet orchestre-école est composé de quelque cinquante instrumentistes, parmi lesquels plusieurs sont compositeurs et théoriciens de la musique. L’ensemble regroupe surtout des instruments à cordes et à vents. Johan Stamitz est l’un de ces compositeurs le plus représentatifs, ayant une centaine de compositions à son actif, dont cinquante sont des symphonies structurées en quatre mouvements (structure qui restera comme fondement structurel de la symphonie).
Parmi les principaux apports de l’école de Mannheim au développement de la musique, on retrouve les mouvements de crescendos et de diminuendos spectaculairement interprétés par l’orchestre. Le mouvement de crescendo consiste en des lignes mélodiques et harmoniques qui commencent à être interprétées à un niveau sonore près du silence, jouées par quelques instruments. Les instruments accélèrent ensuite progressivement le tempo, jusqu’à ce que la totalité de l’orchestre amène les mélodies et harmonies vers un climax sonore de résonance intense. L’apothéose sonore dure quelques secondes et est suivie par le mouvement de diminuendo, qui décroit en intensité, tempo et masse instrumentale jusqu’à un niveau sonore qui effleure le silence et y demeure pour une durée égale ou supérieure à celle du climax.
L’essor de la musique classique_35
L’essor de la musique classique_35
00:00
