En janvier 1779, Wolfgang Amadeus Mozart rentre à Salzbourg après deux années de voyage entre Munich, Augsbourg, Mannheim et Paris. Il reprend son poste de maitre de concert auprès de l’archevêque Colloredo, prince du Saint-Empire romain germanique. Il accomplit cette fonction avec succès jusqu’en 1781. Durant cette période, il compose plusieurs des ses œuvres parmi lesquelles ses symphonies K. 318 et K. 38, qui mettent à profit ses connaissances acquises à Mannheim sur l’utilisation de crescendos, et la musique de l’opéra séria Idoménée roi de Crète, en collaboration avec le librettiste Giambattista Varesco, sur le mythe grec d’Idoménée. La première de cet opéra est présentée avec un grand succès au théâtre Cuvilliés de Munich, en 1781, ville dans laquelle Wolfgang reste durant quelque semaines avant d’être appelé par l’archevêque Colloredo à Vienne pour présenter ses œuvres au palais impérial de Joseph II.
Son voyage à Vienne constitue un moteur important pour le reste de sa vie, qu’il passera en grande partie dans cette ville. Quatre évènements sont déterminants. Tout d’abord, durant ses premières présentations musicales, il entre en conflit avec l’archevêque, qui le retire de sa fonction de maitre de concert pour l’archidiocèse de Salzbourg. Cela lui offre la liberté de composer et de présenter ses œuvres là où il le souhaite. Le deuxième évènement est la rencontre à Vienne de la matriarche de la famille Weber et de ses trois filles. En aout 1782, il se marie à Constance Weber avec qui il aura six enfants.
Le troisième évènement marquant est le succès qu’il remporte, tant comme compositeur qu’interprète, auprès de l’empereur Joseph II qui lui voue une grande admiration. Cet empereur du Saint-Empire est le frère de Marie-Antoinette, épouse du roi de France Louis XVI. Il est l’un des grands mécènes qui admire la musique de Mozart et le soutient économiquement. Mozart devient son chef d’orchestre de chambre. Durant cette période, il fait la rencontre du poète et librettiste italien Lorenzo da Ponte, qui succède à Métastasio à titre de poète impérial. Il prend trois de ses livrets et compose les musiques des opéras Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi fan tutte.
Le quatrième évènement marquant est sa rencontre avec Joseph Haydn, qu’il avait d’abord croisé lors d’un de ses concerts. Haydn travaillait pour le prince Nicolas de Hongrie, dans son palais à Eisenstadt, près de Vienne. En décembre 1783, Haydn se rend à Vienne pour présenter deux concerts avec Mozart.
