Plongeons dans un espace feutré, derrière les décors, les caméras et les projecteurs… Un lieu où films et carrières se négocient à cout de pourcentages. C’est précisément ce territoire que Dix Pour Cent explore dès sa première saison. Créée par Fanny Herrero, la série française nous plonge dans le quotidien de l’agence artistique ASK, où quatre agents tentent de maintenir l’équilibre entre les exigences de leurs clients vedettes de cinéma et leurs propres vies privées.
Le premier épisode introduit le personnage phare de la série : Camille, jeune stagiaire fraichement arrivée à l’agence. Encore extérieure au milieu complexe et codifié du cinéma français, elle découvre une agence au point de rupture suite à la mort soudaine du fondateur de l’agence. Cet évènement vient bouleverser l’équilibre fragile de l’équipe, contrainte de gérer à la fois un deuil, des enjeux financiers urgents et les caprices d’acteurs en pleines crises professionnelles. À travers le personnage de Camille, le spectateur pénètre les coulisses du métier d’agent artistique, observe les jeux de pouvoir et mesure le décalage entre l’image idéalisée du cinéma et sa réalité plus prosaïque.
Le concept est original : à chaque épisode, une nouvelle personnalité du cinéma ou de la télévision française joue son propre rôle. Cécile de France, Nathalie Baye, Fabrice Luchini, et bien d’autres. Et au milieu de toutes ces célébrités, nos protagonistes dont on suit le quotidien, les combines professionnelles, les relations étroites qu’ils entretiennent autant bienveillantes qu’enflammées. La force de la saison 1 réside avant tout dans ses personnages. Gabriel, Andréa, Mathias et Arlette forment un quatuor d’agents aussi disparate qu’attachant. La série prend le temps de les installer, de dessiner leurs ambitions et leurs fragilités. Derrière les négociations serrées et les coups de téléphone frénétiques se dessinent des solitudes, des dilemmes moraux et une peur commune : celle de devenir inutile dans un milieu qui ne pardonne pas la faiblesse.
Dix pour cent est une série légère et comique, teintée d’un certain cynisme, qui pose un regard lucide sur le milieu très prisé du cinéma français. La réalisation s’en moque avec une bienveillance assumée, dévoilant un univers parfois hypocrite et surfait, rythmé par les coups bas et l’urgence permanente, où l’on vit à cent à l’heure pour avoir le sentiment d’appartenir à la « grande famille » du cinéma français.
