le Lundi 6 avril 2026
le Lundi 6 avril 2026 8:01 Culture

À Yellowknife, les artistes réclament un espace dédié

L’ancien bâtiment de la piscine Ruth Inch Memorial, fermé depuis près d’un an, fait l’objet de réflexions sur son avenir. Un groupe d’acteurs culturels propose d’y intégrer des espaces dédiés aux arts de la scène. — Photo Cristiano Pereira
L’ancien bâtiment de la piscine Ruth Inch Memorial, fermé depuis près d’un an, fait l’objet de réflexions sur son avenir. Un groupe d’acteurs culturels propose d’y intégrer des espaces dédiés aux arts de la scène.
Photo Cristiano Pereira

Un groupe d’acteurs culturels souhaite transformer l’ancien bâtiment de la piscine Ruth Inch Memorial en un espace dédié aux arts de la scène à Yellowknife. Le projet vise à combler le manque d’infrastructures pour créer, répéter et se produire.

À Yellowknife, les artistes réclament un espace dédié
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Alors que la Ville de Yellowknife réfléchit à l’utilisation future de certains bâtiments publics, un groupe d’acteurs culturels avance une piste de réflexion qui circule actuellement, celle d’inclure les arts de la scène dans ces projets, notamment autour de l’ancien bâtiment de la piscine Ruth Inch Memorial. Un document préliminaire circule déjà, initiateurs et initiatrices invitent la communauté à réagir, partager des idées et contribuer à la réflexion.

Un manque en amont de la scène

« À ma connaissance, il n’existe aucune infrastructure fournie par la Ville pour soutenir les arts de la scène. Les espaces que nous utilisons sont gérés par des organismes sans but lucratif ou bien nous devons nous adapter à d’autres lieux », affirme Carmen Braden, musicienne et membre du Yellowknife Centre for the Performing Arts Working Group.

Selon elle, le principal problème ne se situe pas seulement au niveau de la diffusion, mais bien en amont du processus artistique. « Le manque que nous cherchons vraiment à combler, c’est ce dont les arts de la scène ont besoin avant même d’arriver sur scène : un espace pour pratiquer, créer et collaborer », explique l’artiste.

Dans la pratique, cela se traduit par des besoins très concrets. « La plupart du temps, nous avons simplement besoin de pièces vides et d’une salle de bain sécuritaire et chauffée, idéalement accessible aux familles, aux enfants et aux groupes culturels », ajoute-t-elle.

Le document préparé par le groupe souligne que cette absence d’espaces adaptés dure depuis plus de 15 ans et limite le développement de la scène musicale locale, notamment pour les jeunes ou les personnes vivant en appartement, qui ne peuvent pas répéter librement chez elles.

Des lieux inadaptés

À Yellowknife, les options existantes sont jugées insuffisantes ou inadaptées. Le Centre culturel des arts nordiques (NACC), avec sa salle de plus de 300 places, répond surtout à des productions professionnelles. À l’inverse, les bars restent parmi les rares espaces disponibles, mais ne conviennent pas à tous les publics.

Le groupe estime que cette situation crée des barrières, notamment pour les jeunes de moins de 19 ans ou pour certaines formes artistiques comme la musique acoustique, mal adaptée aux environnements bruyants. « Nous aimerions aussi disposer d’un espace de diffusion qui réponde à des besoins différents de ceux du NACC et des bars », précise Carmen Braden.

Une proposition encore ouverte

Le groupe a récemment soumis un document explorant la possibilité de transformer l’ancien bâtiment de la piscine Ruth Inch en un espace combinant bibliothèque publique et infrastructures pour les arts de la scène. Mais cette piste n’est qu’une option parmi d’autres.

« Notre objectif principal n’est pas de nous associer à la bibliothèque. C’était simplement une option que nous avons explorée », souligne la musicienne.

L’objectif, insiste-t-elle, est avant tout de trouver un espace stable et adapté, peu importe sa forme. 

S’inscrire dans les réflexions de la Ville

Cette démarche intervient alors que la Ville mène une réflexion plus large sur l’utilisation de plusieurs bâtiments publics, dont l’ancienne piscine, la bibliothèque actuelle, le centre des visiteurs et certains espaces administratifs. « La Ville est en train de revoir l’utilisation de plusieurs de ses installations et nous voulons que les arts de la scène fassent partie de cette réflexion », explique Carmen Braden.

Le document du groupe s’inscrit également dans un contexte économique particulier, marqué par la transition liée à la fermeture progressive des mines de diamants. Les auteurs y présentent les arts et le tourisme comme des secteurs capables de contribuer à l’économie locale et à la rétention de la population.

Mobiliser la communauté artistique

Au-delà de la proposition concrète, le groupe cherche surtout à mobiliser les artistes et à structurer une voix collective. « Nous essayons de mobiliser la communauté artistique pour qu’elle puisse défendre elle-même ses besoins », résume Carmen Braden. Selon elle, l’accueil est déjà très positif : « Je n’ai encore rencontré personne qui ne soit pas enthousiaste à cette idée. »