L’enthousiasme s’empare de Ludwig Van Beethoven lorsqu’il déménage à Vienne en 1792 à l’âge de 22 ans, une ville dans laquelle rayonnent les arts musicaux et architecturaux. Au cours des premières années, il produit un certain nombre de compositions, perfectionne son écriture musicale et livre des performances qui le font connaitre sur la scène artistique viennoise.
Sa survie économique est assurée par l’appui d’un mécène, le comte Ferdinand Von Waldstein, commandant des chevaliers de l’Ordre Teutonique, qui, à partir de Bonn, paye ses dépenses pendant que Ludwig compose pour lui des œuvres pour piano, ainsi que la musique du ballet Ritterballet (ballet des chevaliers). Le comte paye aussi ses dépenses d’apprentissage auprès de Joseph Haydn jusqu’à son départ pour Londres en 1794. Cette année-là, le comte arrête son mécénat, car, à la suite des conflits entre l’Autriche et la Première République française, il quitte le Saint-Empire pour s’engager dans l’armée britannique.
À cette période, la relation des intellectuels et des nobles du Saint-Empire avec la France présente deux caractéristiques : on constate tout d’abord une sympathie avec le mouvement intellectuel de la Révolution française. Ce dernier suit une ligne de pensée humaniste qui, depuis Sophocle, est développée par Saint Thomas d’Aquin, Luther, Érasme, Descartes et d’autres philosophes structurant les principes fondamentaux du droit naturel. Cela aboutit à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 aout 1789. La deuxième caractéristique est que cette relation intellectuelle positive entre en conflit avec la menace que la Révolution représente pour les nobles de l’Europe, à cause de l’abolition des trois ordres à la base de la structure du royaume de France : la noblesse, le clergé et le tiers état. Ceci menace la position des nobles dans les royaumes, lesquels se réunissent pour essayer d’aider Louis XVI. La situation devient critique lorsqu’en janvier 1793, Louis XVI est exécuté, suivi de son épouse Marie-Antoinette, sœur de Joseph II empereur du Saint-Empire, neuf mois plus tard.
Dans ce contexte, le comte Ferdinand quitte l’Autriche pour aller rassembler et commander une armée pour les Britanniques, et Joseph Haydn part vers Londres pour présenter ses compositions. Ludwig Van Beethoven continue à se produire à Vienne sous le mécénat des princes Joseph Leibowitz et Carl Lichnowsky, et poursuit son perfectionnement théorique de la musique avec Johann Georg Albrechtsberger.
