La symphonie, comme genre de la musique classique, est écrite pour plusieurs instruments. Les consonances polytonales dominent pour produire une structure polyphonique complexe, dans laquelle la multidimensionnalité sonore est produite par les timbres des instruments. Ce genre musical émerge des techniques d’écriture musicale inventée par des moines bénédictins pour représenter la polyphonie vocale à la période médiévale. Ces techniques évoluent lorsque les orchestres de chambre se structurent dans les palais et châteaux de la Renaissance, et commencent à être transposées pour divers instruments. À la période baroque, la technique d’écriture du contrepoint rigoureux est améliorée par Jean-Sébastian Bach.
Dans son développement, la symphonie apparait dans l’histoire de la musique classique comme une structure composée d’un seul mouvement, terme qui, en musique classique, désigne une section musicale qui est jouée dans un même tempo et est séparée des autres mouvements par des périodes de silences. À la Renaissance, la symphonie est jouée lors des ouvertures et des entractes d’opéras, de drames et de comédies. Dans les drames et comédies du théâtre de la Grèce antique, on trouve des interventions instrumentales polytonales dans des orchestres qui accompagnent les choristes et les acteurs dans leurs performances. Dans des compositions datant de la fin du Baroque à la période classique, la symphonie devient indépendante comme genre musical et elle est principalement composée de trois mouvements. À la fin du Classique et au début du Romantisme, elle est structurée de quatre mouvements. Ludwig Van Beethoven les utilise dans l’ensemble de ses neuf symphonies. Il place ce genre au sommet des compositions instrumentales.
Le succès de la présentation de la Symphonie no 3 dite « Héroïque » de Beethoven en avril 1805, au Theater an der Wien de Vienne, et de la Symphonie no 4 en avril 1808 à la maison du Prince Leibowitz, est suivi par la composition de deux de ses principales symphonies : la Symphonie no 5 et la Symphonie no 6 dite « Pastorale ». Toutes les deux sont présentées au Theater an der Wien le 22 décembre 1808 et sont dirigées par Beethoven lui-même dans une séquence où la sixième précède la cinquième symphonie. Les deux compositions reflètent sa maitrise du contrepoint rigoureux, des styles d’écriture musicale Sturm und Drang, avec ses crescendos et decrescendos (particulièrement la Symphonie no 5), et celle de la Fusée de Mannheim, avec ces crescendos rapides suivis par des silences.
