Des membres du Syndicat des employés de la sécurité et de la justice (SESJ) se sont rassemblés le 4 mars devant l’édifice Greenstone à Yellowknife pour dénoncer les compressions prévues dans la fonction publique fédérale. Malgré le froid mordant, la manifestation visait à attirer l’attention sur les effets que pourraient avoir ces réductions budgétaires dans les services liés à la justice et à la sécurité publique.
Présent sur place, le président national du syndicat, David Neufeld, a expliqué à Médias ténois être venu appuyer les membres locaux et rappeler que la situation est déjà fragile dans plusieurs bureaux fédéraux du Nord.
Le SESJ représente environ 20 000 employés à travers le pays, répartis dans 18 ministères et organismes fédéraux liés aux secteurs de la sécurité publique et de la justice. Dans les trois territoires, le syndicat compte environ 160 membres. À Yellowknife, une vingtaine travaillent au Service des poursuites pénales du Canada (SPPC).
Si vous n’avez pas les ressources nécessaires en place, vous aurez un impact négatif sur la sécurité publique.
Ressources limitées
Selon David Neufeld, les compressions envisagées par Ottawa s’inscrivent dans l’examen des dépenses lancé l’été dernier par le gouvernement fédéral. Celui-ci demande aux ministères d’identifier des économies opérationnelles pouvant atteindre 15 % sur trois ans.
Même si l’ampleur des coupes dans le Nord n’est pas encore connue, le syndicat s’inquiète de leurs effets sur des équipes déjà sous pression. « Nous savons que les budgets sont extrêmement serrés », explique David Neufeld. Dans certains groupes professionnels, notamment chez les adjoints juridiques représentés par le syndicat, « ils sont déjà très serrés dans leur charge de travail ».
Selon lui, plusieurs postes sont actuellement vacants au SPPC. Ces postes auraient été laissés ouverts afin de réduire la taille du budget opérationnel. Résultat : les employés restants doivent absorber une charge de dossiers toujours plus importante.
« Ce que nous entendons de nos membres, c’est qu’ils ont de la difficulté à suivre le nombre de dossiers qu’ils doivent gérer », dit-il.
La situation pourrait devenir encore plus difficile si de nouvelles compressions s’ajoutent aux difficultés existantes. Le président du SESJ indique également que l’organisme envisage d’embaucher davantage d’avocats. Une telle décision pourrait accentuer la pression sur le personnel administratif si les ressources de soutien n’augmentent pas au même rythme. « Malheureusement, ce personnel-là n’augmente pas », souligne-t-il.
À ce stade, le syndicat ne sait pas combien de postes pourraient être touchés à Yellowknife. Le Service des poursuites pénales du Canada n’a pas encore rendu public le résultat de son examen des dépenses.
Le risque de retards
Mais David Neufeld prévient que les conséquences pourraient se faire sentir directement dans le système judiciaire. Si les équipes ne parviennent plus à suivre la cadence du travail, « il pourrait y avoir des retards dans les dossiers. Et encore une fois, ce sont des retards dans la justice ».
Le syndicat demande maintenant davantage de transparence de la part du Conseil du Trésor et des ministères fédéraux quant aux décisions à venir.
Dans le Nord, insiste David Neufeld, les choix budgétaires doivent tenir compte d’une réalité particulière. « Vivre et travailler dans le Nord est différent de travailler dans le Sud du Canada », rappelle-t-il.
Selon lui, les fonctionnaires fédéraux qui y travaillent jouent un rôle essentiel dans plusieurs secteurs clés. « Si vous n’avez pas les ressources nécessaires en place, vous aurez un impact négatif sur la sécurité publique. »
