Des parents des quatre communautés des T.N.-O. ont dressé une liste de souhaits, le 27 avril dernier, en matière d’éducation. Ceux-ci se sont permis d’imaginer à quoi pourrait ressembler l’éducation en français aux Territoires du Nord-Ouest en 2009. Les prochaines négociations fédérale-provinciale-territoriale en matière de financement de l’enseignement dans la langue de la minorité ne sont pas étrangères à l’organisation de cette conférence franco-ténoise sur l’éducation.
« Ce que l’on retient, c’est que les quatre communautés sont à différents stades de développement », de faire savoir Nadia Laquerre, présidente du Regroupement des parents francophones des T.N.-O., organisme en charge de l’activité. Par exemple, à Yellowknife, où une école est construite, on pense à un agrandissement. Un gymnase, de l’espace pour offrir les 10e, 11e et 12e années et une expansion de la garderie ont été notés.
Du côté de Hay River, où le programme d’enseignement en français langue première existe, les parents veulent leur propre école. « Les gens veulent sortir des classes intégrées et mettre les élèves dans des portatives afin d’avoir un système plus homogène », d’expliquer Mme Laquerre. Les projections adoptées le 27 avril prévoyait l’arrivée des portatives pour septembre prochain et la construction de l’école pour 2004. Quant à la garderie, on voudrait qu’elle soit ouverte pour l’année 2002-2003.
À Fort Smith, les parents viennent de se mobiliser en nombre suffisant pour déposer une demande officielle d’implantation d’un programme en français langue première dans la communauté. Les parents espèrent que le programme sera disponible dès septembre prochain, ce qui sera difficile, selon Jean-Marie Mariez, responsable des programmes d’enseignement en langue française aux ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation des T.N.-O. « Sincèrement, ce sera très difficile. Ce n’est pas dans le plan d’action actuel et il reste encore plusieurs démarches à réaliser », a-t-il expliqué.
Enfin, du côté d’Inuvik, on en est à l’étape du « magasinage », selon les dires de Mme Laquerre. Les parents de cette communauté ont considéré une forme de cohabitation entre les élèves francophones et les élèves en immersion. Plusieurs intervenants des autres communautés ont déconseillé cette solution. « La Fédération Franco-TéNOise encourage les initiatives de l’éducation en français langue première », de signaler Daniel Lamoureux. Celui-ci fait aussi remarquer que l’éventuelle construction d’un pipeline amènera beaucoup de monde dans la communauté, dont des francophones. Le processus de consultation auprès de cette communauté devrait se poursuivre au cours des prochains mois.
Qui fait quoi?
C’est avec difficulté que les représentants des ministères impliqués, des parents, de la commission scolaire et des écoles francophones ont tenté de définir quel était le mandat de chaque organisme impliqué dans l’éducation en français. « C’était audacieux de tenter de faire ça en quatre heures, alors qu’au Manitoba ça a pris trois ans. Disons que c’est un premier pas vers une concertation », a fait savoir Nadia Laquerre.
Ce n’était pas la première fois que le directeur de liaison pour la Commission nationale des parents francophones (CNPF), Jean-Pierre Dubé, voyait ce genre de situation. « Ça fait sept ou huit ans que ça dure partout au pays. Dès qu’un conseil scolaire ou une commission scolaire est créé, ça modifie la dynamique sur les rôles des comités de parents et, jusqu’à un certain point, le rôle du ministère de l’Éducation », explique-t-il. De plus, celui-ci rappelle que les parents se renouvellent continuellement, donc l’exercice est à répéter régulièrement.
Face au rôle des comités de parents, M. Dubé souligne que maintenant que la commission scolaire a le mandat de s’occuper des enfants, les associations de parents deviennent « plutôt la conscience du système scolaire. L’association locale est toujours en train de définir les besoins et de l’exprimer clairement et fortement à la commission scolaire qui, elle, est responsable de la mise en œuvre de ça ».
C’est d’ailleurs le rôle que M. Dubé a proposé à l’Association des parents francophones de Yellowknife, en plus de voir à s’occuper des enfants de la naissance à leur arrivée à l’école, « une zone de travail inoccupée ». « C’est à cet âge que les décisions sont prises, par exemple face à la langue utilisée à la maison, en milieu de garde et pour l’instruction », dit-il.
Rien n’a encore été coulé dans le béton en ce qui à trait au rôle que chaque organe jouera dans le milieu éducatif franco-ténois. Le Regroupement des parents francophones des T.N.-O. s’est porté volontaire pour organiser d’autres réunions de formation et d’information. Des sujets comme la Loi sur l’Éducation des T.N.-O., les rôles des commissaires et des parents, la jurisprudence et l’Article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés feront partie des formations à venir.