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le Vendredi 14 février 2003 0:00 Éducation

Bisbille à l’APFY Assemblée générale demandée

Bisbille à l’APFY Assemblée générale demandée
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Avec 41 signatures amassées par Linda Bussey et Line Gagnon, les statuts et règlements de l’Association des parents francophones de Yellowknife obligent l’exécutif de l’organisme à convoquer une assemblée générale extraordinaire (AGE) dans les sept jours ouvrables après le dépôt de la pétition. La pétition a officiellement été déposée le 10 février.

Selon Linda Bussey, l’initiative de lancer une pétition réclamant la tenue d’une AGE n’est pas une prise de position, de sa part, sur la nécessité de la division de l’organisme en deux entités. « C’est qu’il se passe tellement de choses autour de ce sujet, on en entend tellement, que Line et moi avons pensé qu’une AGE viendrait nous éclairer en tant que parents et en tant que membres de l’Association », précise-t-elle.

« Il n’est pas question de dire que l’aspect politique n’est pas important. Les deux volets ont leur place, autant le côté politique que le côté parascolaire et communautaire. Ça toujours été le mandat de l’APFY de faire les deux », d’ajouter Linda Bussey.

Bien que d’emblée, elle ne soit pas favorable à la division, Mme Gagnon veut simplement entendre ce que les gens ont à dire. « Je veux que les gens soient informés. Non pas par une lettre de sept pages, mais plutôt par un face-à-face et qu’ils puissent avoir la chance de poser des questions. Pour ma part, je ne prends pas de position sur la division tant que je n’aurai pas eu de réponses à mes questions », d’expliquer Mme Gagnon, qui dit trouver la situation actuelle « dommage et triste ».

« Je veux qu’on s’assoie, qu’on vide la question et qu’on s’entende comme communauté. J’aimerais qu’on arrive à un point où on peut avancer et arrêter de se frapper dessus. Ce qui se passe présentement n’aide personne », d’ajouter Line Gagnon.

Linda Bussey dénonce un manque de transparence et de démocratie dans le processus actuel de division de l’association en deux comités totalement indépendants, l’un veillant aux côtés politiques et promotionnels, l’autre se chargeant des activités parascolaires et communautaires. « La façon dont ils fonctionnent n’est pas démocratique en ce moment. Il y a trop longtemps que, dans cette ville, au niveau de la FFT et d’autres associations francophones, il n’y a pas de transparence et c’est le temps que ces gens soient rappelés à l’ordre », dit-elle.

De son côté, la présidente de l’APFY, Yvonne Careen, a une position partagée sur la demande formulée par les deux mères de famille. Tout en questionnant le processus choisi pour recueillir les signatures, cette dernière croit qu’il sera bon de discuter « des véritables raisons pourquoi il y a un conflit à l’APFY ».

Pour ce qui est du processus emprunté pour recueillir les signatures, Mme Careen trouve « de mauvais goût » le fait que l’on ait profité d’une activité familiale comme l’activité « Raconte-moi une histoire », le dimanche 9 février dernier, pour ce faire. « Ensuite, on a téléphoné aux gens dans la communauté pour les encourager à signer une pétition sans leur raconter toute la vérité. Je trouve ça questionnable aussi », ajoute-t-elle.

Si bien que Mme Careen ne croit pas avoir de leçons à recevoir en terme de transparence. « Après ce qui s’est passé le 9 février, il est évident pour moi que ça peut être dirigé des deux côtés. Nous avons fait nos choses en public, nous avons envoyé une lettre aux parents et aux journaux. Je n’accepte pas que l’on dise ça », lance-t-elle. Mme Gagnon refuse d’entrer dans cette guerre des mots. « De quelle autre façon aurait-on pu aller chercher les signatures des parents ? », demande Mme Gagnon.

Selon Mme Bussey, la lettre qui a récemment été distribuée aux parents contenait plusieurs interprétations de la situation. « La lettre était longue et ce n’était pas un langage commun à tout le monde. Par exemple, lorsqu’ils parlent des rôles fondamentaux de l’APFY, ils font référence à certains points, mais pas à tous. Ils n’ont que sorti les points qui leur convenaient. Il n’y avait pas d’unanimité au sein du conseil d’administration, alors je pense que l’exécutif se dote d’un pouvoir qui n’est pas là », lance-t-elle.

« Le but de la lettre était d’informer les parents sur les rôles de l’APFY et de montrer l’évolution de l’association, ainsi que les gains qu’a fait la communauté francophone de Yellowknife en ce qui a trait à l’éducation en français langue première. Ensuite, nous voulions informer les gens au sujet de la situation présente. Je pense que nous avons réussi à faire ça, mais il fallait que ce soit long et précis », de rétorquer Yvonne Careen. Le 11 février dernier, l’APFY avait reçu un total de 14 réponses à cette lettre qui demandait « lequel des deux groupes devrait quitter l’APFY et créer son entité propre ». Il était cependant impossible, à ce moment, de connaître la teneur des réponses reçues.

Bien qu’elle admette que la réunion du 19 février prochain pourrait complètement changer le cours des événements, Mme Careen se dit toujours confiante que la division aura lieu. « Je souhaite que la division ait lieu et je suis convaincue qu’elle aura lieu et que c’est nécessaire. Comment ça se fera, ça reste à voir selon l’assemblée générale extraordinaire », de conclure la présidente.