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le Vendredi 30 mai 2003 0:00 Éducation

Projet radio/école Le fil conducteur

Projet radio/école Le fil conducteur
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Pour montrer aux étudiants à faire de la radio, il faut aussi passer derrière le micro. C’est ce qu’ont découvert les huit participants à l’atelier radio/école, donné par la formatrice Julie Vaudrin-Charette, le 24 mai dernier, au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. Invitée par Radio Taïga, Julie Vaudrin-Charette est une spécialiste des projets radio/école au Québec. Le programme, mis sur pied pour les écoles de Yellowknife, tient compte du contexte d’immersion que vivent plusieurs jeunes francophones et francophiles. « J’essaie d’orienter l’atelier pour permettre de trouver des stratégies de création, a-t-elle mentionné. Comment créer avec des enfants qui sont encore dans l’apprentissage du français ? Je pense qu’on va trouver des réponses ensemble. »

L’atelier a permis aux quelques enseignants et curieux d’en apprendre davantage sur les techniques de communication propres au médium radiophonique. Pose de voix, respiration, posture sont autant d’éléments qui influencent la performance d’un communicateur. Les exercices ont mis en pratique les différents types d’activités qui peuvent être intégrées à une émission de radio, comme la lecture d’un bulletin de nouvelles, le débat, la ligne ouverte ou le sketch. « Mon approche est pratique. Pour apprendre à faire de la radio, il faut en faire. Pour l’adapter aux élèves, il faut déjà avoir cette expérience de communication », révèle Julie Vaudrin-Charette.

Ce que le projet radio/école a de particulier, c’est qu’il ne s’insère pas en parallèle dans le système scolaire, mais donne plutôt aux enseignants la chance d’intégrer les matières scolaires à l’intérieur d’un environnement studio. Des enseignants du Québec participant au programme ont mis sur pied des projets à contenu académique, comme, dans le cadre d’un cours d’histoire de 5e année, une lettre d’un correspondant en Nouvelle-France ou le reportage en direct de Rome.

« Ça apporte beaucoup de confiance aux jeunes, raconte Julie Vaudrin-Charette. Il y a des enfants qui sont oubliés dans le système académique, qui sont moins valorisés parce qu’ils n’ont pas de bonnes notes. L’élève qui est toujours dans la moyenne a besoin de se trouver des endroits où il sera valorisé. La radio peut être un de ces endroits-là », a-t-elle mentionné.

La clé d’une communication efficace et naturelle est la spontanéité, une faculté parfois difficile à développer quand la langue de communication n’est pas la langue maternelle. La formatrice a quelques trucs dans son sac pour dérouiller les jeunes. « L’imagination, la fantaisie, le jeu de rôle enlèvent une partie de la gêne initiale. Il faut faire parler l’enfant sur son expérience. J’essaie toujours de semer la controverse dans la classe, poser des questions où c’est difficile d’être totalement pour ou contre. Il faut être prêt des enfants, il faut les écouter. »

Pour la formatrice, l’environnement radiophonique et les expériences qu’il procure peuvent donner aux jeunes des acquis essentiels. « Ça permet de développer l’écoute à travers le travail d’équipe et le sens critique par rapport à l’information que les jeunes vont trouver sur Internet ou à la bibliothèque, estime Julie Vaudrin-Charette. Ce sont des outils qui peuvent être réutilisés dans la vie. C’est un bon point de départ pour la vie à l’extérieur de l’école. »

Les premiers pas du projet radio/école se sont déroulés pendant cinq jours, au cours desquels la formatrice a visité les écoles de Yellowknife.

Un projet-pilote d’émission de radio, qui a été diffusé sur les ondes de Radio Taïga, a été réalisé avec des enseignants et des étudiants.