Le médiateur de la session, Jules Rocque, explique qu’en milieu minoritaire l’école doit être plus qu’un temple du savoir. « Dans le contexte de l’éducation en milieu minoritaire, on a toujours un double mandat : celui, bien sûr, d’apprendre aux jeunes les matières scolaires, mais aussi celui de contribuer à bâtir leur réalité identitaire », dit-il.
Pour y arriver, poursuit-il, il faut d’abord saisir la réalité culturelle du jeune qui n’est pas nécessairement très attaché au fait français. « Nos jeunes sont issus de toutes sortes de foyers, de toutes sortes de cultures et de nationalités. Alors, dans un premier temps, il faut reconnaître que la culture ça se définit par la réalité que vivent les gens et qu’il faut la respecter », indique celui qui se définit lui-même comme « le produit d’une francophonie de l’Ouest, de quatrième génération ».
Ensuite, le travail de l’enseignant consiste à valoriser la particularité francophone et la sortir du stricte cadre scolaire. « Il faut cheminer avec les jeunes, dit-il, en leur faisant découvrir de nouvelles composantes de cette culture, que ce soit au niveau de la langue, de la musique, du théâtre ou de la littérature. » Jules Rocque suggère à ce propos d’utiliser les technologies de l’information pour briser l’idée de cloisonnement culturel que peut représenter la minorité pour les jeunes. « Avec la technologie, aujourd’hui, insiste-t-il, on peut organiser des échanges entre des jeunes de Hay River, par exemple, et des jeunes d’Afrique francophone. C’est tout à fait réalisable. »
Mais la réussite identitaire ne peut pas être atteinte sans une collaboration étroite entre les enseignants et les parents. Et pour y parvenir, ajoute Jules Rocque, « il faut accueillir la disparité des foyers. Concrètement, ça peut vouloir dire que dans le cas d’un foyer où un des parents ne parle pas français, par exemple, on peut inciter ce parent à se brancher sur une émission en français, à écouter un film ou à participer à une activité scolaire en français. »
Dans tous les cas, développer des liens solides entre les milieux scolaire, communautaire et familial est une nécessité. Il faut s’assurer qu’une complicité existe, car si ces milieux ne contribuent pas ensemble à valoriser la francité, il y a de bonnes chance que le français demeure, pour le jeune, une langue essentiellement scolaire. « La communauté, les parents, l’école c’est une responsabilité à trois », affirme Jules Roque.
« Dans nos foyers et nos écoles, conclut-il, ce n’est pas une réaction spontanée, pour les jeunes, que de vivre la francophonie. Le défi, c’est de pouvoir créer des occasions en collaborant avec les parents, la communauté, ainsi que l’école et les jeunes peuvent vivre et découvrir que le français ça peut se passer ailleurs que juste entre quatre murs ».
La réussite identitaire,

La réussite identitaire,
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