L’année scolaire s’achève sur une bien mauvaise note. Une étude publiée cette semaine révèle que les élèves des TNO sont les plus mauvais en science au pays.
Selon la plus récente mouture du Rapport sur l’évaluation en science, une étude menée auprès des élèves canadiens de 13 et 16 ans pour le compte du Conseil des ministres de l’éducation du Canada, les Ténois ont des connaissances scientifiques très inférieures à la moyenne canadienne. À tous les niveaux, les élèves des TNO présentent les résultats les plus médiocres au pays.
L’étude classe les élèves en différents niveaux numérotés de 1 à 5, 5 étant le résultat le plus élevé. Il est possible d’obtenir un résultat inférieur à 1 ou supérieur à 5. C’est à partir du niveau 2 que les résultats des élèves de 13 ans sont considérés satisfaisants ; à partir du niveau 3 pour les élèves de 16 ans.
Alors qu’à l’échelle canadienne 71 % des élèves de 13 ans atteignent ou dépassent le niveau 2, aux TNO, ce n’est que la moitié (49 %) d’entre eux qui atteignent le seuil de réussite. Chez les 16 ans, les résultats sont similaires : aux TNO, 49 % des élèves atteignent le niveau 3, contre 64 % au Canada. Aucune autre juridiction n’obtient des résultats aussi faibles.
Encore plus inquiétant, un grand nombre d’élèves d’ici n’atteignent même pas le niveau 1, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent pas les connaissances scientifiques les plus élémentaires. Le tiers (35 %) des élèves de 13 ans et le cinquième (20 %) des élèves de 16 ans étaient dans cette catégorie. Au Canada, ils ne sont que 14 % chez les 13 ans et 7 % chez les 16 ans et pourtant les auteurs de l’étude écrivent que cette situation est « un sujet de grande inquiétude ». À nouveau, il n’y a qu’ici que l’on constate un si grand nombre de très mauvais élèves.
À l’inverse, la proportion de très bons élèves s’avère inférieure aux TNO, comparativement à la moyenne canadienne. Ainsi, chez les 13 ans, 26 % des élèves obtiennent un résultat supérieur au seuil de réussite (niveau 3 et suivants), contre 40 % au Canada. Chez les 16 ans, la différence est moins flagrante, mais elle est là. Quelque 14 % des Ténois de cet âge ont atteint ou dépassé le niveau 4, contre 23 % au Canada.
Le Rapport sur l’évaluation en science se fonde sur les résultats obtenus à un test identique auquel ont répondu des élèves canadiens de chaque province et territoire, hormis le Nunavut. Les questions portaient sur la chimie, la biologie, la physique, les sciences de la terre et de l’espace ainsi que sur les liens entre la science, les technologies, l’environnement et la société.
Préoccupé
« Ces résultats nous préoccupent au plus haut point », affirme le ministre ténois de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Charles Dent. Selon le ministre, le gouvernement des TNO entend prendre, au plus tôt, les mesures qui s’imposent pour augmenter le rendement des élèves en sciences. « Nous comptons faire de notre mieux pour que, la prochaine fois, nos résultats soient semblables à ceux des autres enfants canadiens », dit-il.
À cet égard, le ministre souligne que, dès septembre prochain, un nouveau curriculum sera adopté pour l’enseignement des sciences, dans l’ensemble du territoire. Concrètement, cela signifie que les élèves auront de nouveaux manuels scolaires et que les enseignants auront de nouveau objectifs d’apprentissage à atteindre. Ce nouveau curriculum sera le même que celui employé dans toutes les provinces et territoires du Nord et de l’Ouest, une première selon le ministre.
Tout en affirmant ne pas remettre en question la méthodologie employée pour cette étude, Charles Dent tempère les piètres résultats des TNO. Selon lui notre résultat est différent parce qu’ici, compte tenu de la petite population, ce sont l’ensemble des élèves qui ont répondu au questionnaire pancanadien, ce qui n ‘est pas nécessairement le cas ailleurs au pays. « Dans un petit territoire comme le nôtre, nous avons de petites communautés, des écoles éloignées et le défi est plus grand », ajoute enfin le ministre Dent.
Soulignons cependant qu’au Yukon, territoire comparable aux TN), les résultats ont été de loin supérieurs aux nôtres.
Minoritaire
Autre fait digne de mention mis en lumière par cette étude : les élèves en situation linguistique minoritaire sont généralement plus faibles que les autres, en science du moins.
L’étude présente les résultats de certains groupes minoritaires canadiens : les francophones du Manitoba, de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, ainsi que des anglophones du Québec. Les résultats sont on ne peut plus clairs : dans tous les cas le nombre d’élèves n’atteignant pas le seuil de réussite est plus élevé dans le groupe linguistique minoritaire. En fait, les seuls groupes où on observe des résultats semblables à ceux des TNO sont les francophones du Nouveau-Brunswick et les francophones de l’Ontario.
Notons que, de façon générale les résultats des francophones sont, à peu de chose près, identiques à ceux des anglophones. C’est le fait d’être en situation minoritaire qui semble le plus influencer les résultats. On note, par exemple, de moins bons résultats chez les anglophones du Québec que chez les francophones de cette même province.
L’étude peut être consultée en ligne à l’adresse suivante : www.cmec.ca/saip/science3/indexf.stm.