L’agrandissement de l’école Allain St-Cyr a franchi une étape de plus vers sa réalisation, mardi, quand le conseil municipal de Yellowknife a adopté à l’unanimité une dérogation de rezonage.
Le règlement municipal, qui modifie la désignation administrative d’une partie du lot adjacent au site actuel de l’école, a été adopté en troisième lecture et fait par conséquent maintenant partie du plan d’aménagement municipal. La dérogation fait passer de « réserve naturelle » à « service public » le zonage du lopin, ce qui signifie qu’on peut y bâtir un édifice gouvernemental, comme une école par exemple.
Le terrain visé par l’arrêté municipal a une superficie de 4625 m2 (49 765 pi2), soit environ trois fois la taille du bâtiment actuel de l’école francophone.
Les appels d’offres pour l’embauche de la firme d’architecture qui réalisera le projet se sont clôturés le 18 mai. D’après le directeur général de la Commission scolaire francophone de division, Gérard Lavigne, une firme devrait être embauchée d’ici la fin de la semaine prochaine. Une première phase d’agrandissement doit avoir lieu en septembre 2007.
Mais avant de procéder à la construction, une autre autorisation doit être obtenue auprès du gouvernement territorial, car le site est situé trop près de Pud Lake, la décharge de boues minières de la vieille mine Con. D’après la loi territoriale, il est défendu de construire des espaces résidentiels ou institutionnels à moins de 400 mètres d’une telle décharge.
Le site étant situé légèrement à l’intérieur de la limite, il faudra obtenir une exemption à la loi. Il s’agit surtout d’une formalité administrative. En 2000, préalablement à la construction de l’école Allain St-Cyr, une exemption similaire avait dû être obtenue également.
Le conseiller Kevin O’Reilly, dont les enfants fréquentent l’école Allain St-Cyr, ne pense pas que la proximité du futur terrain de l’école avec celui de la mine pose problème.
« Depuis le temps que je marche sur cette route pour amener mes enfants à l’école, j’ai bien vu le barrage [de la décharge] grossir et je pense que ça vaut la peine qu’on s’y attarde. Mais nous avons clairement besoin d’une plus grande école. C’est pour ça qu’il y a eu une poursuite judiciaire et c’est pour ça que les francophones ont gagné », a commenté l’échevin.
Audiences
Le vote sur l’agrandissement de l’école Allain St-Cyr a été l’occasion de tester un nouveau règlement qui oblige le conseil municipal à tenir des audiences publiques avant un vote sur un changement de zonage.
L’audience a eu lieu en ouverture de la réunion. Une seule personne a tenu à présenter son opinion au conseil de ville : le directeur de la Commission scolaire francophone de division, Gérard Lavigne, qui était en faveur du rezonage.
«Nous étions bien content de pouvoir présenter notre point de vue », a-t-il commenté.
Le nouveau règlement qui vise à augmenter la participation du public dans la gestion des affaires municipales sème la controverse. Un trio de conseillers – Kevin O’Reilly, Wendy Bisaro et Mark Heyck – voudraient empêcher qu’un vote sur un dossier ayant fait l’objet d’une audience publique puisse avoir lieu le même jour que l’audience. Ils réclament aussi qu’une réponse écrite du conseil soit présentée aux citoyens qui prennent part aux audiences. Deux amendements en ce sens ont été présentés, et défaits, lors de la réunion du conseil municipal de mardi.
Pour Kevin O’Reilly, la participation du publique est inutile si le conseil n’a pas l’obligation de rendre de comptes aux individus qui prennent part aux consultations. Il n’a pas hésité à qualifier le rejet des modifications proposées comme étant « le geste le plus antidémocratique que j’ai vu durant les neuf ans que j’ai passé au conseil municipal ».
Le conseiller Blake Lyons, qui a voté contre les modifications, a rétorqué que la consultation du public ne devait pas restreindre l’indépendance des conseillers.
« J’ai déjà vu des groupes tenter d’influencer le conseil pour qu’il prenne des décisions qui ne sont pas dans l’intérêt du public. Il faut que les conseillers aient le dernier mot », a déclaré celui qui, en ce soir de match, portait fièrement son chandail des Oilers d’Edmonton.