Les nouveaux locaux de l’école francophone de Yellowknife ne seront pas fin prêts pour la rentrée scolaire, a-t-on appris mardi lors d’une rencontre d’information avec les parents des élèves.
« Je vais être honnête avec vous, nous n’aurons probablement pas terminé les travaux avant novembre », a annoncé Wayne Nesbit de Travaux publics TNO.
C’est en raison de difficultés à se procurer les matériaux nécessaires qu’on anticipe ce délai de construction. « Avec le boom de la construction en Alberta, c’est très difficile de trouver de l’acier en ce moment », a expliqué Nesbit. Travaux publics s’efforcera de parachever les travaux le plus rapidement possible, promet-il. « Mais une ouverture en septembre, ça n’arrivera pas. »
À ce moment-ci, le contrat de construction n’a pas encore été accordé, mais on s’attend à ce que le nom de l’entrepreneur soit connu d’ici la mi-février.
Les travaux en tant que tel devraient débuter en mars.
Ensoleillé
La rencontre a surtout été l’occasion pour les parents de se faire une première idée de ce qu’aura l’air le nouvel appendice de l’école Allain St-Cyr. Les plans présentés par la firme d’architectes PSAV – les mêmes qui ont conçu l’École Boréale à Hay River – laissent entrevoir des locaux nimbés de lumière naturelle.
Un large corridor central surmonté d’une série de lucarnes orientées vers le sud séparera les quatre nouveaux locaux : une salle d’informatique, un laboratoire de sciences, une bibliothèque et une classe traditionnelle. Toutes ces salles sont conçues de telle sorte qu’elles pourront servir à plusieurs usages. À ces classes s’ajoutera aussi des toilettes séparées pour les filles et les garçons du niveau secondaire.
La salle qui abritera la nouvelle bibliothèque sera flanquée par de grandes fenêtres donnant sur la face sud de l’école, au niveau de la cime des arbres. Le mur de la bibliothèque sera composé d’une série de portes coulissantes vitrées. Tout pour s’assurer qu’un maximum de lumière solaire pénètre dans l’enceinte de cette aire dédiée à l’alimentation de l’esprit.
« Quand les portes seront ouvertes, la vue sera spectaculaire dans cette bibliothèque », s’enthousiasme l’architecte Darrell Vickse.
On profitera également des travaux pour rénover et reconfigurer les locaux de l’administration et ajouter de nouvelles salles d’eau au rez-de-chaussée
Penser à la garderie
Certains aspects des travaux devront être coordonnés plus étroitement avec la garderie Plein soleil qui loge dans l’école Allain St-Cyr et qui sera donc directement affectée par la construction.
Hormis le bruit et certains ajustements avec les locaux de l’administration, la mise en chantier ne devrait pas trop incommoder les salles de classe. Mais la garderie qui ne ferme pas en été sera davantage chambardée.
Il est notamment prévu que du dynamitage ait lieu cet été. Il est clair que la garderie ne pourra pas être ouverte ces jours-là, ou du moins qu’elle devra se loger ailleurs.
« Il sera important d’indiquer clairement à l’équipe de construction qu’il y a de petits enfants juste à côté », a insisté la présidente de la garderie Plein soleil, Roxane Poulin.
Il est assez probable qu’on profite de l’agrandissement pour déménager la classe de maternelle et offrir l’espace libéréeà la garderie qui est présentement contrainte de refuser des enfants faute de places. Dans cette éventualité un autre accroc se profile à l’horizon. Pour accueillir davantage d’enfants la garderie est obligée par la loi d’agrandir sa cour extérieure. Or, selon les plans présentés mardi, l’espace mitoyen à la cour actuelle de la garderie sera occupé par un espace de stationnement, ce qui risque de paralyser les possibilités d’agrandissement de la cour de la garderie.
Le représentant du ministère des Travaux publics s’est engagéà rencontrer les administrateurs et la direction de la garderie Plein soleil et de les tenir au courant des développements concernant l’agrandissement de l’école.
Phase II : l’incertitude
En ce qui concerne la seconde phase d’agrandissement de l’école, qui doit comprendre la construction d’un gymnase, les représentants de la Commission scolaire francophone n’avaient, pour toute information, que des points d’interrogations à offrir aux parents.
« Est-ce que ça aura lieu d’ici un an, d’ici un an et demi, d’ici deux ans ? On ne sais pas », a affirmé le président de la Commission scolaire, André Légaré.
Aucune entente entre le gouvernement territorial et le gouvernement fédéral n’a été conclue à ce sujet et le financement de cette seconde phase n’est pas acquis. « On n’a pas l’argent », a tout simplement expliqué Légaré en réponse à la question d’un parent concernant cette seconde phase.
« Les intervenants – le gouvernement des TNO et le gouvernement fédéral – savent que le besoin est là. Mais il y a beaucoup de va-et-vient avant d’obtenir le financement », a indiqué le directeur de la Commission scolaire, Gérard Lavigne.
La perspective de devoir réemprunter l’avenue judiciaire pour voir se concrétiser la construction du gymnase a même été évoquée par la présidente de l’Association des parents ayants droit, Yvonne Careen. « On s’enligne vers ça. Ça se pourrait qu’on ait à retourner en Cour », a-t-elle dit avant d’ajouter qu’avec la disparition du Programme de contestation judiciaire cela pourrait être plus ardu que par le passé.
« Quand j’ai serré la main [du ministre de l’Éducation] Charles Dent, en décembre, je lui ai dit : je veux qu’on négocie la phase II très bientôt », a poursuivi la présidente de l’Association des parents.
Le président de la commission scolaire a également fait du démarchage en ce sens auprès du premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, la semaine dernière.
Pour ce qui est d’un éventuel volet communautaire adjoint à l’école, André Légaré a indiqué que l’ouverture était toujours là et que l’espace physique du terrain permettait un tel développement. Mais l’école n’attendra pas la communauté si celle-ci n’est pas prête au moment de mettre la Phase II en chantier.
« Est-ce qu’on doit attendre le communautaire pour lancer la Phase II ? Absolument pas », de lancer André Légaré.
« On ne peut pas barrer un projet scolaire en attendant que d’autre chose se fasse », renchérit Gérard Lavigne.
La direction de la commission scolaire a rencontré pour la dernière fois la Table des organismes francophones de Yellowknife en décembre, a indiqué Lavigne. « Je pense qu’une autre rencontre s’impose. »