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le Jeudi 19 mai 2011 11:34 Éducation

Éducation La fièvre du bouleau

Éducation La fièvre du bouleau
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Visites guidées bilingues au cœur d’une saison de sirop de bouleau.

 

À quelques kilomètres à l’est de Yellowknife, la nature reprend sa robe printanière avec aisance et rapidité. Dans la bétulaie (peuplement de bouleau) de la coopérative SapSucker, la saison de la récolte de l’eau de bouleau bat son plein. Quatre hommes travaillent au bon déroulement du processus d’obtention d’un précieux liquide opaque et sucré qui s’apparente à un mélange de miel, de mélasse et de caramel. Mike Mitchell est l’un d’eux. Fondateur de la coopérative, il est également celui qui a le plus d’expérience avec la production de ce produit forestier non ligneux. « Je travaille dans le domaine depuis 2002. Durant les premières années, j’ai principalement réussi à faire un peu de sirop pour moi-même. Depuis deux ou trois ans, ça s’est agrandi pour que je puisse en vendre. L’année dernière, j’ai trouvé un partenaire en la personne de Craig Scott, et cette année, nous avons engagé deux partenaires coopératifs, Spencer Tracy et Dwayne Wohlgemuth, avec qui nous partageons le travail et les profits, s’il y en a », de décrire Mike Mitchell. Selon ce dernier, les profits peuvent provenir de plusieurs sources. Tout d’abord la vente du sirop, distribué en flacons de différents volumes, puis en rendant le site accessible au public pour effectuer des visites et des événements subventionnés par le gouvernement. Il raconte que durant le premier samedi de la saison, plus de 250 personnes sont venues découvrir la bétulaie lors d’une journée porte ouverte. M. Mitchell travaille en tant qu’agent d’éducation de langue française au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles de Yellowknife et assure ainsi des visites guidées pour les différentes écoles de la capitale et des deux collectivités autochtones près de Yellowknife. « Il y a deux façons de récolter l’eau de bouleau, la façon moderne avec les chalumeaux et les seaux en plastique et la façon traditionnelle autochtone, qui consiste à simplement faire une entaille en V sur le tronc et à récolter la sève avec un récipient confectionné en écorce de bouleau », dit-il en ajoutant que c’est Frederic Beaulieu, un métis de Hay River qui lui a appris cette manière autochtone.

 

La visite en français

Les élèves de la 5e et 6e année de l’école Allain St-Cyr ont eu le plaisir d’aller découvrir cette cabane à sucre ténoise et de goûter au sirop sur quelques boules de crème glacée. Pour leur enseignant Michel Bilodeau, la visite a dépassé ses attentes. «  J’ai été surpris par la grosseur de l’installation. C’était chaleureux et j’ai trouvé la visite parfaitement adaptée au niveau scolaire », témoigne-t-il. L’enseignant explique que cette visite s’inscrit dans le cadre du programme Dene Kene qui intègre la culture autochtone au sein du programme scolaire des élèves ténois. « Mike, ajoute l’enseignant, a donné plein d’explications sur les parties des arbres, sur l’environnement et l’effet des réchauffements climatiques sur les peuplements de bouleaux. »

Pour le guide acériculteur, les élèves ont été piqués par la fièvre du bouleau. « La classe avait tous les symptômes de cette maladie saisonnière que nous avons tous contractée ici : des sourires et des jeunes excités, affichant un réel plaisir à être dans la nature », de rire Mike Mitchell.

Thomas Ganley, élève de 5e année à l’école francophone, raconte qu’il n’avait jamais récolté de sève de quelque arbre que ce soit. « J’ai trouvé le sirop un peu moins sucré que le sirop d’érable. J’avais déjà vu des photos d’une récolte de sirop d’érable et c’était presque pareil », raconte-t-il. Cet élève avoue qu’il aimerait bien entailler un bouleau pour boire la sève car il a vraiment aimé cela. « On a fait un test à l’aveuglette entre l’eau normale et l’eau de bouleau. J’ai bien senti la différence et j’ai aimé la sève. J’aimerai ça en récolter tout seul, mais je n’ai pas de bouleau autour de ma maison », déplore-t-il.