La capitale albertaine a été l’hôte, en parallèle du Grand rassemblement de l’éducation en français, du Sommet de l’éducation. Une rencontre unissant plusieurs acteurs de la francophonie.
La préservation de la langue française, dans les milieux minoritaires canadiens, est l’enjeu principal des organismes œuvrant à la francophonie. Selon certains acteurs du domaine, l’école serait la clé du succès afin de conserver le français, mais pas n’importe quelle école : le rêve serait de faire une école communautaire citoyenne.
« Le rôle des conseils scolaires francophones c’est plus que de former des écoles en français qui seraient le modèle traduit de l’école anglaise. L’école française a un rôle de plus à jouer. C’est celui d’assurer la pérennité et le rayonnement des communautés francophones », affirme Raymond Daigle, président du comité tripartite.
L’école communautaire citoyenne ne permettrait pas seulement de promouvoir la langue française. Elle ferait de ses élèves des citoyens informés, engagés dans leur communauté et conscients de leurs droits.
« On veut que les partenaires de la communauté s’impliquent dans l’éducation pour que nos enfants soient de meilleurs citoyens, dans leur province, dans leur territoire », précise Robert Maddix, président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF).
Le Sommet de l’éducation a permis, en plus des nombreux échanges et discussions, d’élaborer un plan d’action afin de mettre en place, dans un avenir plus ou moins rapproché, cette école communautaire citoyenne. Se basant sur le bilan fait à la suite du dernier sommet en 2005, les acteurs de la communauté scolaire francophone et les divers paliers de gouvernement ont déterminé trois visées importantes de ce plan. La réussite, le continuum et l’engagement sont les axes que la FNCSF et ses partenaires veulent prendre afin de prioriser la petite enfance, la pédagogie, la construction identitaire et la diversité culturelle.
En somme, l’école communautaire citoyenne est l’aboutissement de ces grands principes.
« L’école communautaire citoyenne semble un projet utopique et c’est l’objectif! Il faut qu’on rêve grand pour réaliser grand. Il y a des bases qui sont jetées un peu partout à travers le pays. En Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, ils sont très avancés à ce sujet et nous avons établi des principes de fonctionnement qui nous permettent de croire qu’une école communautaire citoyenne pourrait exister », assure Alexis Couture, président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF).
Un comité tripartite
Au sortir du Sommet de l’éducation de 2005, qui a eu lieu à Ottawa, les organismes francophones ont eu l’idée de former un comité nouveau. C’est à partir des discussions que le comité tripartite a pris naissance pour le bien de la francophonie.
« La grande réalisation, c’est d’avoir amené à une table tous les acteurs du système de l’éducation. Cela a été une entreprise périlleuse au départ parce que jamais les ministères provinciaux, par exemple, ne s’étaient assis à la même table que les ministères fédéraux et que les organismes communautaires », explique M. Daigle, président du comité.
Cela fait maintenant plus de cinq ans que le comité tripartite travaille ensemble et Raymond Daigle ne s’inquiète pas de la viabilité de la formation.
Une communauté francophone vivante
Si le projet d’école communautaire citoyenne semble la solution de préservation du français en milieu minoritaire, certains acteurs y ajoutent aussi un bémol. Cette école idéaliste ne répondra pas non plus à tous les besoins.
« Il faut que les élèves sortent de l’école, aillent dans la communauté, rencontrent des gens qui sont des modèles dans la communauté, fassent des choses pertinentes dans la communauté. Ils doivent se rendre compte que leur espace francophone dépasse le mur de leur classe », précise Sylviane Lanthier, vice-présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne.
Une chose est certaine pour la plupart des participants de ce sommet sur l’éducation, la francophonie est toujours bien vivante.
« Je constate que les communautés n’ont jamais été aussi actives, n’ont jamais été aussi dynamiques et se donnent constamment de nouveaux mécanismes pour assurer la survie de ces communautés-là », conclut Raymond Daigle.
