Partir en forêt, dans un camp de chasse pour découvrir le mode de vie de différents animaux est le luxe que peu d’élèves citadins peuvent se permettre. Un groupe de l’école Boréale a eu la chance d’en faire l’expérience. Récit d’une histoire de castors.
Jeudi matin, 9 h, pendant que les élèves de l’école Boréale sont déjà au travail dans leurs classes respectives, le groupe des 3e-4e année de l’enseignante Jessica Gilbert embarque dans un autobus jaune, direction le camp de Steven Beck. Le ciel est chargé de nuages sombres, mais le moral des troupes est de la partie. Après 45 minutes, le véhicule s’engage dans la petite allée boisée qui mène au terrain de M. Beck. Sitôt, les jeunes se précipitent, courent partout, caressent le chien. Bienvenue au camp de castors! Déjà cinq bêtes sont alignées sur l’étal qui trône au milieu de la place. Les animaux ont été chassés la veille, par un groupe de jeunes garçons en visite. La dizaine d’élèves se rassemblent autour des corps, prêts à être dépecés.
Steven Beck, grand passionné de la nature, se met à la tâche. De la queue au museau, il décortique le castor en moins de deux. Il prend également le temps de présenter et d’expliquer chaque partie du corps de l’animal. Comment distinguer un mâle d’une femelle? En observant la queue, si elle est large et courte, c’est une femelle. Longue et étroite, c’est un mâle. À quoi servent les glandes sous la queue? Elles permettent aux castors de retrouver leur chemin. Les jeunes ne tarissent pas de questions.
Midi, c’est l’heure de manger, mais avant il faudra plumer les canards abattus dans les environs. En équipe, on apprend à délicatement arracher les plumes de l’oiseau pour protéger la peau ainsi que la viande.
Enfin, avant de partir – seuls les élèves de 4e année passeront la nuit au camp – les jeunes partent en canot sur la rivière, découvrir le castor dans son habitat sauvage. Steven Beck chasse deux castors, les enfants sont fous de joie.
Une classe en pleine nature
Lors de cette journée, les élèves de l’enseignante Jessica Gilbert ont pu apprendre plusieurs choses sur le castor et son environnement.
« Le camp répond en partie aux exigences du programme déné-kédé du gouvernement, mais aussi en science, surtout en ce qui concerne les habitats. Nous avons aussi parlé des traditions autochtones », confirme Mme Gilbert.
« J’ai bien aimé aller en bateau. J’ai vu du bois qui avait été mangé par les castors », raconte Gavyn Lamoureux.
« Nous avons regardé l’intérieur du corps d’un castor. C’était très intéressant. Il y avait beaucoup de sang. Ce que j’ai aimé le plus c’est lorsque nous avons chassé le castor », avoue Allen Gostick.
Les jeunes ont eu la chance de vivre une expérience enrichissante et unique en son genre. Bien que certains enfants aient déjà été à la pêche ou en forêt, d’autres sont peu familiers avec ses activités en plein air.
« On pense qu’en étant dans le Nord, les enfants sont habitués de toujours être dehors, mais ce sont quand même des enfants du 21e siècle. Donc, ce sont des enfants qui regardent aussi la télévision et ce n’est pas tout le monde qui a un camp en forêt », précise l’enseignante.
Si les pratiques de chasse et de trappe peuvent sembler barbares ou cruelles d’un point de vue citadin, Steven Beck assure qu’il voue le plus grand respect à l’animal.
« C’est le cercle de la vie. Nous ne gaspillons pas l’animal. Nous utilisons tout, de la queue, à la peau, la fourrure et les pattes. Ce que je dis aux enfants, c’est que nous sommes responsables de la conservation de l’environnement », mentionne-t-il.
Les élèves sont repartis avec de nouvelles connaissances sur la nature, le castor et son habitat.
« Chacun a vécu une expérience à son niveau », conclut Jessica Gilbert.
