À la suite des échanges à l’Assemblée législative sur les droits des élèves d’immersion française, la Commission scolaire no 1 de Yellowknife a tenu à clarifier la situation.
Le 25 mai 2012, la députée de Frame Lake, Wendy Bisaro, dénonçait à l’Assemblée législative une politique du ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation concernant l’obtention de crédits de français pour les jeunes en immersion.
Wendy Bisaro déplorait que le gouvernement ait changé il y a un an une clause de sa politique qui permettait aux élèves de passer un examen particulier qui pouvait leur permettre d’accéder à l’université.
« Les élèves pouvaient faire le cours de français langue seconde, qui était un cours différent de celui des élèves d’immersion, expliquait la députée de Frame Lake. Mais il y a un an, la politique a été changée pour que les élèves en immersion n’aient plus le droit de le faire. »
Ayant eu vent de l’affaire par une conseillère à l’école secondaire Sir John Franklin, la députée a interrogé le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Jackson Lafferty au sujet de ce changement.
« Cela me dérange que l’Alberta ait changé cette politique quand des parents se sont plaints, mais que nous [les Territoires du Nord-Ouest], ne l’avons pas fait, ajoute Wendy Bisaro. Cela n’a pas de sens pour moi que les élèves des écoles d’immersion française n’aient pas le droit et c’est pourquoi j’ai interrogé le gouvernement à ce sujet. »
La Commission scolaire no 1 de Yellowknife réagit aussitôt
La Commission scolaire no 1 de Yellowknife a aussitôt réagi à la situation confuse et a pris contact avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest pour remettre les pendules à l’heure.
Il appert en fait que ce changement dans la politique est tout à fait normal et encourage les élèves à poursuivre leurs études dans un niveau de français qui leur correspond.
« Nous avons trois différentes forces en éducation française : le cours de français de base pour les anglophones, le cours d’immersion française et le français pour les élèves francophones, explique d’entrée de jeu le directeur des programmes en français à la Commission scolaire no 1 de Yellowknife, Jean-Marie Mariez. Ainsi, pour le cours de français de base, les jeunes ont reçu leur éducation principalement en anglais, alors évidemment, dépendamment des écoles, ils ont un certain nombre d’heures de français par semaine. »
La problématique survient du fait que par le passé, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest permettait aux élèves d’immersion française de faire l’examen de français de base donné aux élèves anglophones.
Cela posait problème puisque finalement, les élèves d’immersion abaissaient leur niveau de connaissances, sachant très bien qu’ils avaient les capacités de réussir l’examen à leur niveau, mais passaient celui de français de base seulement dans le but d’accumuler plus de points.
« Les établissements postsecondaires acceptent ce niveau de français, admet le surintendant adjoint à l’éducation Bernie Giacobbo. Si tu as obtenu 70 % dans cet examen [celui d’immersion], tu pourrais passer celui-là [l’examen de français de base] et obtenir 80 %. Ainsi, les élèves ont déjà passé cet examen, mais préfèrent passer celui-là pour avoir de meilleures notes ou avoir une meilleure bourse d’études. »
Permissions spéciales
La confusion provient du fait qu’il était spéculé par l’Assemblée législative que l’Alberta avait changé sa politique par rapport à ces cours de français, alors qu’en réalité, rien n’a changé.
Les Territoires du Nord-Ouest ont seulement emboité le pas à l’Alberta l’année dernière pour interdire aux jeunes d’immersion francophone de passer l’examen du cours de français de base.
« Lorsque l’on parle de vouloir relever le défi, on ne doit pas changer d’une force à l’autre, croit Jean-Marie Mariez. Il faut être inscrit dans le programme en question pour pouvoir passer l’examen de ce niveau. Et c’est comme ça pour toutes les matières. »
Il existe toutefois des exceptions à cette règle, celles-ci ayant toujours fait partie de la politique albertaine en matière d’éducation.
Si un jeune pense avoir les capacités requises pour réussir un examen de niveau supérieur, ou encore qu’un élève a une raison valable pour vouloir passer l’examen de niveau inférieur, ce n’est pas complètement impossible.
Mais pour ce faire, l’élève en question se doit de faire une demande spéciale écrite au directeur de son école ou, dans le cas des Territoires du Nord-Ouest, au ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, afin d’être autorisé à changer le niveau de son examen.
« En Alberta, ça a toujours été comme ça : il faut faire une requête pour obtenir l’autorisation, affirme Bernie Giacobbo. J’ai parlé avec le directeur Gilbert Guimond en Alberta à ce sujet. Eux, leur frustration vient surtout du fait que les établissements postsecondaires acceptent ce niveau de français. »
Mais en même temps, la vraie problématique, c’est que les établissements scolaires ne se soucient pas vraiment du fait que les jeunes abaissent leur niveau de langue ainsi et cela affecte par surcroit les écoles secondaires.
« Si les établissements postsecondaires vont accepter cela, qui sommes-nous pour te lier les mains?, souligne le surintendant adjoint. Si tu vas aller là-bas et qu’ils vont l’autoriser, qui serions-nous pour refuser ? Toutefois, cela doit être un processus qui commence par une requête écrite et en ce sens, si un élève la fait, nous allons l’appuyer. Mais il faut comprendre que ce sont des cas spéciaux et que ce n’est pas pour toute une classe. »
Un futur ingénieur n’aurait pas une réelle utilité d’avoir plus de points à son dossier scolaire et donc de suivre un cours de français plus facile, par exemple, alors qu’un futur médecin profiterait beaucoup de points supplémentaires… ainsi que d’être capable de s’exprimer en français dans le cadre de son métier.
