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le Jeudi 8 octobre 2015 15:42 Éducation

Camp de Leadership Une année de transition

Camp de Leadership Une année de transition
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Installé pour la première fois dans le gîte en nature Jim Lamalice de Hay River, le camp de Leadership a accueilli 48 élèves des deux écoles francophones des TNO, du 5 au 7 octobre. Les élèves de 7e, 8e et 9e années des écoles Boréale et Allain St-Cyr, se sont rejoints pour trois jours d’échanges et d’apprentissages culturels sans connexion WiFi.
Le chef Roy Fabien de la réserve K’atl’odeeche a accueilli le groupe sur son territoire, où traditionnellement son peuple sèchait le poisson avant l’hiver. Après une cérémonie rythmée d’une prière, les jeunes ont été séparés par genre : le passage à l’âge adulte est une transition qui s’explique entre filles, entre garçons. « Nous suivons le curriculum Dene Kede et la transition à la vie adulte fait partie du cours de Santé, explique André Chabot, enseignant au secondaire de l’école Boréale. » La transition, ce n’est pas seulement savoir que les jeunes filles autochtones s’isolaient en forêt durant leurs premières règles, mais c’est aussi comprendre comment subvenir aux besoins de tous en sachant sécher la viande, et le poisson pour les conserver. Comment tanner la peau du castor, ou ornementer le cuir d’une peau d’orignal.
Le développement identitaire francophone est un autre volet qui laissera sa marque au sein de ce groupe. Les cliques des deux écoles vont se diluer au contact de ces réalités francophones séparées par un grand lac. Les activités pour stimuler le dynamisme de groupe, la connaissance de soi, la communication, la coopération sont optimisées par le mélange des deux écoles. « Si nous étions que notre petit groupe habituel, c’est comme si nous irions faire classe dans le bois! Là, c’est un tout autre apprentissage pour les jeunes », de raisonner l’éducateur.
Pour les professeurs également c’est une année de transition alors que c’est la première fois que l’ensemble du transfert de connaissances culturelles a été prodigué par les membres de la première Nation Dénée. « Pour nous, c’est le début d’un partenariat d’une tout autre ampleur, dit André Chabot. Le gîte où nous sommes accueillis est un symbole de fierté pour les dénés, et le fait que l’on puisse apprendre leur richesse culturelle directement de leurs ainés forme une relation que l’on n’avait jamais atteinte depuis toutes les années antérieures de camp de Leadership. »
Chez les jeunes l’excitation est présente également, Anna Stewart raconte qu’elle aime les activités, et que ses amies et elle apprécient d’apprendre et parler en français dans le bois aussi. « Ça tombe sous le sens de parler français, on est comme à l’école, on se fait des nouveaux amis, et en plus la nourriture est bonne. »