Les Territoires du Nord-Ouest ont été désignés comme un emplacement stratégique pour le congrès de la FNCSF, compte tenu des enjeux actuels qu’y vit la francophonie.
Roger Paul, directeur général de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones espère de « grandes retombées » à la suite de la tenue du congrès à Yellowknife. Toutefois, « seul l’avenir nous le dira », exprime-t-il en entrevue téléphonique, de retour à Ottawa.
« Je pense que les gens ne réalisent pas qu’on a une minorité francophone à travers le pays, avec plus de 650 établissements scolaires et plus de 160 000 élèves. Ça échappe à plusieurs. S’il y en a qui prétendent qu’on est en train de s’assimiler partout à travers le pays : on est bel et bien là, forts, non seulement depuis 150 ans, mais encore plus forts aujourd’hui qu’on ne l’était hier », proclame le directeur, satisfait d’avoir transmis ce message lors du congrès.
Le ministre de l’Éducation, Alfred Moses, a assisté au banquet du vendredi soir ainsi qu’à la soirée de retrouvailles et a pu dialoguer longuement avec les délégués présents, dont le député de la Nouvelle-Écosse, Darrell Samson.
Roger Paul croit que le ministre n’était pas à l’affût des enjeux de la francophonie canadienne et qu’il semblait surpris qu’il y ait tant de francophones, de conseils scolaires, d’élèves et d’écoles. « Il n’y a rien comme un partage d’information pour faire avancer les discussions », avise le directeur de la FNCSF. Prochaine étape selon lui : « le président et la directrice générale de la Commission scolaire francophone des TNO vont vouloir rencontrer à nouveau le ministre pour voir ce qui peut être fait afin d’obtenir davantage de latitude et de flexibilité. Ils voudront certainement discuter du cap de 85 % qui ne semble pas raisonnable. Ces enjeux-là vont être sur la table, malgré que [le ministre] ne veuille pas ouvrir à nouveau la directive. »
Le modèle du Yukon, où le gouvernement s’est montré ouvert aux discussions concernant la construction d’écoles et à la délégation de pouvoir relatif aux admissions, donne espoir au directeur pour le cas des TNO.
Ouverture
À la FNCSF, Roger Paul prône une orientation axée sur la collaboration : « Il faut mettre l’accent sur les discussions, la médiation, les rencontres, les sensibilisations et que le tout passe par la politique. On a essayé au Yukon et aux TNO, et finalement on a réussi à résoudre et à percer dans le cadre de discussions communautaires et politiques. C’est peut-être la voie de l’avenir sur laquelle on devra mettre l’accent au niveau des prochaines étapes […]. Avec une nouvelle génération d’élus, ça a changé aux TNO et au Yukon, il y a des gens qu’on doit sensibiliser davantage. En ayant cette approche d’ouverture, de discussion, on risque d’avoir davantage de gains ». Il vaut mieux, selon lui, privilégier cette approche autant que possible plutôt que d’avoir à… se présenter devant les tribunaux.
