Une personnalité littéraire francophone de passage aux TNO : Dominique Demers est venue partager sa passion avec les élèves de la Commission scolaire YK1 dans le cadre de la semaine du livre canadien pour la jeunesse, Lire à tout vent, en partenariat avec Communication-Jeunesse.
Dans la salle des professeurs de l’école J.H. Sissons, la lumineuse Dominique Demers dévoile quelques-uns de ses mystères avant de se rendre à la classe des 3e année pour un atelier.
« [Les livres] nous rattachent à des parties de notre vie. Je suis comme une grand-maman, parce que j’ai des petits-enfants partout, [ces] gens qui [m’ont lu] et qui m’ont donné un rôle plus grand que ce que je suis. Ça fait ça, les livres », dit-elle sans aucune prétention.
Avant d’être auteure, Dominique Demers a accompli son rêve en atteignant le point culminant de sa carrière de journaliste : « j’avais le meilleur de tous les mondes, je choisissais mes sujets de reportage et… j’ai tout abandonné [après 15 ans dans le domaine] ».
Son premier roman, Valentine picotée, est un concours de circonstances : elle l’écrit pour consoler son fils Alexis qui vit une peine d’amour, alors qu’il est tout jeune.
C’est à ce même moment qu’elle réalise qu’elle ne pourra plus poursuivre sa carrière de journaliste, puisque ses personnages lui demandent tout son temps. Ils crient comme des enfants aux jupons de leur mère : « maman!! maman!! maman!! »
Au sujet de son processus d’écriture, l’auteure se confie : « Il y a eu des moments où j’étais visitée par une force supérieure, que ce soit un dieu ou des fées, selon les croyances de chacun, j’avais vraiment l’impression qu’il y avait des choses qui sortaient de moi et que je les voyais à mesure que je les lisais, en même temps que je les écrivais ».
Visite en immersion
« Elle est fabuleuse, les enfants l’ont adoré. Captivante, très humaine, souriante », raconte Cynthia Benoit, enseignante de la classe de 3e année, aussi une grande admiratrice de l’auteure, qu’elle lit depuis son enfance.
Après un accueil chaleureux des élèves, qui ont souligné son arrivée en exposant leurs vitraux sur le thème de Poucet, le cœur en miettes, confectionnés en collaboration avec l’artiste locale Jennifer Walden, l’auteure a fait la lecture des livres Le dragon qui mangeait des fesses de princesses et C’est l’histoire d’un ours.
Pendant sa tournée de YK1, elle a également visité plusieurs autres classes de J.H. Sissons, de l’école intermédiaire William McDonald et de l’école secondaire Sir John Franklin.
Elle avoue être touchée par les élèves d’immersion. Pour elle, leur participation à un tel programme est un acte de foi, une preuve que l’être humain est suffisamment intéressant dans sa différence pour qu’on arrive à sortir de sa zone de confort, de sa langue maternelle, pour s’enrichir d’une autre culture.
À ce sujet, elle lance un message aux parents, qu’elle confère sous le symbole d’une clé à l’efficacité redoutable : l’ouverture.
« Pour que l’enfant s’enracine, il faut que le parent, s’il ne parle pas français, ait une véritable curiosité et ne veuille pas juste voir la feuille d’évaluation. Qu’il cherche à savoir ce que l’enfant vit, ce qu’il découvre… ou le mot amusant qu’il a appris. »
La machine à écrire
Dominique Demers vient tout juste de terminer sa deuxième autobiographie, qui suit Chroniques d’un cancer. L’ouvrage qui sera publié en mars, raconte le coup de cœur qu’elle a eu pour une maison, parallèlement à sa recherche d’un conjoint.
L’auteure dévoile une nouvelle saison de sa vie : « Au lieu que, moi, j’aie un cancer, c’est la maison qui a un cancer. On passe à travers le dynamitage. C’est une histoire vraie… J’ai géré un chantier de construction alors que je n’y connaissais rien », relate-t-elle sur un ton rieur.
Concernant le fait qu’elle est célibataire, elle avance les théories suivantes : « D’après certains, c’est que je ne veux pas vraiment; d’après moi, c’est parce que je n’ai pas trouvé la bonne personne. Je ne sais pas ».
C’est l’univers de l’écriture qui lui permet d’actualiser ses envies.
« Dans mon métier, tout est toujours possible, je peux être qui je veux, ce que je veux, quand je veux. C’est beaucoup de travail, ce n’est pas toujours facile, mais c’est quand même extraordinaire », admet-elle, en renchérissant sur le fait qu’elle peut jouer avec le danger, l’interdit… se fâcher contre quelqu’un, voire lui arracher la tête.
Lui arracher la tête, vraiment?
Oui et non. Où elle veut en venir, c’est qu’on peut vivre, régler des choses et évacuer avec l’écriture. Trouver le bonheur ou un exutoire, sans aller chercher les armes et sans faire de mal à personne. C’est ce pouvoir de libération par la plume qu’elle souhaite transmettre aux jeunes.
