Qu’il s’agisse de conférences, de réseautage ou de développement de la littératie, le français a eu sa place dans le cadre de la Conférence des enseignants des Territoires du Nord-Ouest, qui se tenait à Yellowknife du 19 au 21 février.
Les Territoires ont notamment accueilli une délégation québécoise venue proposer des outils pour faire la promotion de la lecture. Dans le cas de la conseillère pédagogique, consultante et auteure, Marie-Hélène Marcoux, il s’agit de la bande dessinée. Elle a déjà écrit chez De la Chenelière La BD au secondaire, (2015), et La BD au primaire sera disponible en avril.
Selon une enquête de 2014 de l’Organisation de coopération et de développement économique, rappelle Mme Marcoux, la bande dessinée est le deuxième choix de lecture des garçons, le premier étant le journal (« probablement le cahier des sports, croit-elle, et c’est très bien »). « À partir du moment où on a cette information, dit-elle, on ne peut pas faire comme si on ne le savait pas. Je viens proposer aux enseignants d’ici une démarche facile pour qu’on puisse lire des bd. Je fais le pari qu’on n’a pas besoin d’être des spécialistes de bd pour en lire avec nos élèves, et qu’ensemble on peut former une vraie communauté de lecteurs compétents, et des lecteurs pour la vie. »
Des exemples
Les auteurs privilégiés par Marie-Hélène Marcoux pour favoriser l’amour de la lecture sont québécois, mais elle les croit assez doués et leurs récits assez universels pour trouver des adeptes aux Territoires. Elle parle de la série des Paul, de Michel Rabagliatti. « Notamment Paul a un travail d’été, où il a 16 ans, son premier travail, il a envie de décrocher de l’école, c’est son premier amour. » Mme Marcoux cite également Fany Britt et Isabelle Arsenault (Jane le renard et moi, Louis parmi les spectres) qui touche respectivement les thèmes de l’intimidation et de la séparation des parents. « Quand on lit de façon collaborative, ensemble, souligne Mme Marcoux, on est capables d’aborder ces thèmes. »
Promotion
Communication-Jeunesse fêtera bientôt ses 50 ans passés à la promotion des littératures québécoise et canadiennes-françaises pour la jeunesse. La responsable des communications Anne-Marie Fortin a fait des présentations sur l’importance de la médiation en littérature et sur le type d’activités qu’on peut faire pour stimuler le plaisir de lire. « Nous ne sommes pas pédagogiques, précise-t-elle, mais nous venons en appoint au cursus scolaire pour forger le lecteur. »
Communication-Jeunesse produit annuellement une sélection des meilleurs titres.
« Nous recevons tout ce qui se fait en littérature jeunesse en français au pays, énonce la directrice générale de l’organisme, France Desmarais, et des comités de lectures composés de professeurs, de libraires et de bibliothécaires analysent la production et ça donne lieu à une sélection qui est distribuée ici [aux TNO], et est disponible sur notre site. C’est un outil pour aider les professionnels à faire des choix de livres intéressants. »
Réseautage
La coach d’alphabétisation de YK1 Caroline Roux représente les TNO et le Yukon au conseil d’administration de l’Association canadienne des professeurs d’immersion. Elle a organisé un 5 à 7 le 19 février à l’école Sir John Franklin. « J’ai invité tous les enseignants en français immersion ou programmes de français de base ou intensif, raconte-t-elle. Nous avons aussi des gens du ministère qui avaient été invités, des commissaires scolaires, des directeurs généraux. Tout le monde se retrouve ici pour échanger, apprendre à se connaître, créer un beau réseau. »
L’auteur et conférencier métis David Bouchard était parmi les invités de cette soirée et on risque de le revoir dans différentes classes de français ténoises. « Nous avons comme mandat d’intégrer le programme autochtone dans nos curriculums, de dire Mme Roux, et c’est difficile d’avoir quelqu’un qui parle français pour ça. M. Bouchard serait un excellent ambassadeur.»
