Une belle fête multiculturelle a rempli l’école J.H. Sissons le vendredi 25 mai
Chaque année depuis 2006, l’école J.H. Sissons invite ses élèves à arborer les couleurs de leur patrimoine ethnique, convie les parents à concocter un mets de leur cru et rassemble tout ce monde-là autour d’un grand buffet varié et savoureux pour célébrer la diversité culturelle.
C’est « le plus grand évènement de l’année et il est très attendu », indique Brigitte Rivet, directrice de l’établissement scolaire, et selon elle, il suscite de plus en plus d’intérêt d’année en année. Faute de météo confortable, le piquenique géant a eu lieu à l’intérieur. Il aura fallu aménager le gymnase, la bibliothèque, les couloirs et certaines salles de classe pour accommoder autant de personnes et déguster toutes les saveurs du monde, à la bonne franquette. Poulet Massala, sushis, effilochés de porc au sirop d’érable, won ton, croissants et le classique macaroni au fromage, ne sont que quelques exemples de la longue liste de plats présentés, et c’est sans compter la partie dessert.
« Nous sommes un établissement multiculturel, alors c’est important de reconnaitre qui sont nos jeunes et d’où ils viennent, de célébrer le Canada. Nous venons de partout », ajoute la directrice. Si les jeunes baignent dans un environnement cosmopolite, les origines ethniques ne sont pas toujours visibles ou identifiables, cet évènement est l’occasion de prendre le temps d’apprendre à mieux connaitre ses camarades à travers leurs origines et leurs histoires de famille ou d’immigration. Chizuko Robson-Hamilton, élève de 5e année, a notamment appris de son amie, aux racines vietnamiennes, qu’elle ne vivrait peut-être pas au Canada, si les grands-parents de cette dernière n’avaient pas risqué leur vie lors d’une traversée en bateau pour venir s’installer au pays de l’unifolié.
Tous les élèves de J.H. Sissons ne viennent pas des quatre coins du monde. Certains ont grandi ici, et leurs familles ont arpenté ces terres depuis maintes générations. Les jeunes d’origine autochtone sont peu nombreux dans l’école selon la directrice, mais il est important qu’ils soient représentés, pour se rappeler où l’on vit. Sadeya Kafkwi-Scott, élève de 4e année aux origines tlicho, acquiesce : « Il n’y a pas beaucoup d’écoliers dénés, mais ici, les professeurs veulent montrer ce que nous faisons dans nos traditions et nous poussent tous à être fiers de notre culture grâce à ce genre d’évènement. » Par ailleurs, William Greenland, le flutiste gwich’in, a été invité à ouvrir les célébrations avec une mélodie méditative dont il a le secret.
L’histoire canadienne n’est pas « toute rose », mais les parents, enfants et enseignants de cette école d’immersion sont tous d’accord sur deux points : manger, c’est fédérateur et « la diversité culturelle est ce que le Canada a de plus fort », conclut Tomiko Robson, la maman de Chizuko.
