L’approche neurolinguistique modèle l’apprentissage du français intensif et post-intensif.
La Commission scolaire publique numéro 1 de Yellowknife (YK1), c’est un gros morceau dans l’enseignement du français dans la capitale ténoise. On y retrouve plus de 530 élèves inscrits dans les programmes d’immersion française, de la prématernelle à la 12e année, et environ 218 en français intensif et post-intensif.
Ces deux derniers programmes se fondent sur l’approche neurolinguistique, qui est, pour l’instant, exclusive à YK1 dans l’enseignement du français langue seconde.
D’après des recherches dans le domaine des neurosciences, les connexions neuronales qui servent à l’usage d’une langue seconde se développent plus facilement lorsqu’on utilise cette langue en situation de communication réelle pour des périodes prolongées, plutôt qu’en tablant prioritairement sur l’apprentissage du vocabulaire et des règles de grammaire.
L’enseignement en français intensif et post-intensif privilégie donc l’oralité et l’interaction. On vise à développer une « grammaire non consciente », on cherche « non plus les connaissances à propos d’une langue, mais bien l’habileté d’utiliser cette langue », selon la formule présentée sur le site internet francaisintensif.ca.
La 6e année est une année cruciale, explique le directeur des services en français de YK1, Jean-Marie Mariez. « À William Mac ou à Range Lake, 50 % de l’année scolaire est spécifiquement consacrée au développement du français. » L’oral est beaucoup plus favorisé que l’écriture, avec une forte utilisation de la pédagogie par projet.
Les élèves peuvent ensuite poursuivre leurs études à l’école secondaire Sir John Franklin.
YK1 a développé une expertise dans l’approche neurolinguistique — aussi utilisée pour les langues autochtones — en collaborant avec le spécialiste David Macfarlane, qui a, entre autres, travaillé avec le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, et qui est présentement de passage aux TNO.
En octobre, dans le cadre d’un partenariat avec la Commission scolaire de division du Slave Sud, des professeurs de français intensif de l’école Diamond Jenness (Hay River) reviendront terminer, à YK1, une formation amorcée l’an dernier sur l’approche neurolinguistique.
La bibliothèque de Sissons
Contrairement à ce qu’on croit, les jeunes lisent beaucoup, assure Jean-Marie Mariez. « Mais les livres doivent être à leur niveau », précise-t-il.
La Commission scolaire publique numéro 1 de Yellowknife a investi, cette année, 50 000 $ dans la bibliothèque de l’école Sissons, qui compte 354 élèves en immersion française. C’est devenu la plus belle bibliothèque scolaire de Yellowknife, s’enorgueillit M. Mariez, et des professeurs d’autres établissements viennent la visiter.
« 80 % des livres y sont en français, note-t-il. Je m’assure qu’il y a des nouveautés, et on implique les professeurs dans les choix. On s’assure qu’on a ce dont on a besoin. Ça paye en fin de compte. »
YK1 présente diverses activités autour du livre, comme des visites d’auteurs. Des annonces à ce sujet devraient être faites sous peu.
