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le Jeudi 1 novembre 2018 16:26 Éducation

Études postsecondaires Vers une Polytechnique du Nord

Études postsecondaires Vers une Polytechnique du Nord
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Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest analysera plus tard les couts et la clientèle.

C’est sans étude de faisabilité que le gouvernement ténois a décidé d’accepter les recommandations du rapport de la firme MNP LLP et de remplacer le collège Aurora par une université polytechnique en 2024.

Le GTNO ne possède pour l’instant aucune estimation sur le nombre d’étudiants ténois qu’il doit garder sur son territoire, ni sur le nombre d’étudiants canadiens ou de l’étranger qu’il doit attirer ici pour atteindre un seuil de rentabilité, même si la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation (MECF), Caroline Cochrane, convient qu’il faudra davantage d’étudiants qu’au Collège Aurora.

« C’est un modèle [la polytechnique] qui convient aux TNO, justifie le directeur régional North Slave pour le MECF, Chris Joseph. Il y a un fort appui des parties prenantes, du public et des communautés des trois campus. Pour attirer des étudiants, nous savons que nous devons construire une institution avec un caractère bien défini et des secteurs de spécialisation et des domaines de recherche. Ça, plus un plan de marketing. »

M. Joseph a concédé que le GTNO n’avait pas de cibles, affirmant que des chiffres seraient trouvés à une étape ultérieure.

« Nous n’avons pas fait cette recherche de fond, a corroboré la ministre Caroline Cochrane. Mais la ville de Yellowknife a présenté un rapport qui démontre que le fédéral finance la recherche dans le Nord à hauteur de 90 M$. Selon elle, nous n’avons même pas 1 M$ de ça. Si nous devenons une université, nous pourrons avoir accès à ces subventions de recherche. » La ville de Yellowknife (voir autre texte) consacrera aussi un budget de 50, 000 $ à une étude de faisabilité.

Investissements diversifiés

Mme Cochrane a ajouté que jusqu’ici, financièrement parlant, le Collège Aurora s’est trop fié au gouvernement des TNO; la future université devra diversifier ses sources de revenus en cherchant du côté des mines et des entreprises privées.

M. Joseph a opiné, soulignant que le modèle préconisé permet des partenariats et des investissements par des parties externes.

« Depuis la publication du rapport, assure M. Joseph, des universités canadiennes ont communiqué avec nous et manifesté un intérêt à avoir des discussions avec nous dans le futur. Nous pouvons offrir des choses très attirantes pour une université du Sud. »

M. Joseph a refusé de nommer ces universités qui ont communiqué avec le GTNO. Une polytechnique, la Northern Alberta Institute of Technology, est basée à Edmonton.

Les représentants du gouvernement n’ont pas non plus avancé de chiffres sur les couts en termes de personnel, d’infrastructures, etc. Mme Cochrane a souligné qu’avant même la transformation en université polytechnique, Yellowknife avait besoin d’un nouveau campus, et Fort Smith de nouvelles résidences.

Recherche d’un sous-ministre

La firme MNP LLP a présenté des recommandations dans la gouvernance, l’imputabilité, la gestion des programmes académiques, les opérations, la rétention et le recrutement des étudiants.

Ses 67 recommandations ont toutes été acceptées à divers degrés, mais le gouvernement a complètement laissé de côté la délicate question du déménagement du quartier général de Fort Smith à Yellowknife. On a aussi neutralisé le dossier afférent du campus principal, les intervenants du ministère répétant que chaque campus aurait ses spécificités en matière de programmes, et qu’il n’était pas question de tout recommencer à zéro.

Questionnée sur les prochaines étapes de l’amélioration de l’éducation postsecondaire, Mme Cochrane a dit que son ministère allait travailler à l’amélioration des programmes et qu’un sous-ministre au renouvèlement de l’éducation postsecondaire devrait être engagé d’ici la fin de l’année fiscale.

C’est ce sous-ministre (basé à Yellowknife) qui sera chargé de piloter la transformation du Collège Aurora en polytechnique. Avant cette transformation, il sera chargé de superviser et de diriger toutes les opérations du Collège. Ce sera également sa responsabilité de décider de la structure de l’équipe exécutive de leadeurship, qui aura différents mandats, dont la stratégie de recrutement des étudiants et de marketing.

D’ici la fin de XVIIIe Assemblée législative, Mme Cochrane espère que le plan de mise en œuvre de la transformation sera achevé, tout comme la composition du conseil d’administration et du sénat, ce dernier étant responsable des décisions académiques. Ces deux dispositifs de gouvernance assumeront progressivement davantage de pouvoir sur ce qu’on appelle pour l’instant « Polytechnique du Nord canadien », qui serait de la même taille qu’une petite université du sud et qui gagnera de l’indépendance vis-à-vis du MECF.

L’analyse des couts de dépenses et d’investissements se poursuivra durant la XIXe Assemblée.