Un chercheur de l’Université Wilfrid Laurier, de l’Ontario, dirigera une recherche jusqu’en 2006 visant à comprendre la relation entre les changements climatiques et les inondations dans le bassin hydrographique du Mackenzie. Brent Wolfe, un chercheur du département des études géographiques et environnementales, sera, dès le mois de septembre, sur le terrain à Fort Resolution.
« Nous voulons essayer de prédire ce qui peut survenir dans le futur, en déterminant quels ont été les changements climatiques majeurs et les variations dans la demande de ressources hydriques », explique le chercheur à quelques semaines du grand départ.
L’équipe s’apprête à retracer 1000 ans d’histoire de sécheresses et d’inondations qui ont marqué cette région, qui s’étend sur des centaines de kilomètres. Bien que reconnu comme étant un réseau hydraulique d’une grande envergure, le delta du Mackenzie a fait l’objet de peu d’études. « Si nous ne pouvons pas comprendre comment le système a réagi dans le passé aux changements climatiques, il est difficile d’anticiper ses réactions futures. », ajoute Brent Wolfe.
Puisque les données antérieures sont limitées, l’équipe prévoit faire appel aux communautés locales dans la compilation des résultats. « Nous aimerions que les communautés et peut-être même les écoles participent, souligne le chercheur. Il y a probablement un certain savoir traditionnel qui retrace le passé sur la fréquence des inondations et nous espérons pourvoir mettre la main sur ces informations. » Lors du travail sur le terrain, des échantillons d’eau seront prélevés dans les lacs deux fois par mois au cours de la période de dégel. Le groupe n’est pas contre l’idée de travailler avec les forces locales afin de mener à terme ces volets de la recherche.
Pour le chercheur, ce contrat n’est que le prolongement d’une carrière orientée sur des problématiques environnementales nordiques. Lors de ses études doctorales à l’Université de Waterloo, en Ontario, Brent Wolfe s’est penché avec un groupe de travail sur les variations de la limite des arbres du Nord du Canada et de la Russie, afin de déterminer les mouvements futurs. L’expert reconnaît qu’il est plus facile de constater les effets des changements climatiques dans le Nord.
Ces effets se font d’ailleurs particulièrement sentir dans le delta du Mackenzie, qui est, selon les spécialistes, une région très sensible. Selon un document produit par Environnement Canada, l’un des partenaires de cette recherche, « la région du delta est sensible aux changements et à la variabilité climatiques; en outre, tout le bassin du Mackenzie a connu un réchauffement important au cours des trente dernières années. » Le document ajoute que la « possibilité de prévoir les changements à venir relativement aux inondations est très limités. »
Cette contrainte ne semble pas décourager le chercheur, qui espère mettre à la disposition des gouvernements, des gens de l’industrie et des communautés autochtones les résultats de la recherche. « Nous allons mettre sur pied un cadre de travail sur les variations hydrologiques et écologiques, annonce Brent Wolfe. Si des projets de développement hydro-électrique sont envisagés dans le delta ou toutprès, nous espérons que cette information sera utile et réduira les effets négatifs que ces projets pourraient créer. »
Le Collège Aurora et le parc national Wood Buffalo sont également partenaires dans ce projet, qui a reçu un financement de 700 000$ jusqu’en 2006.