le Vendredi 29 août 2025
le Vendredi 6 septembre 2002 0:00 Environnement

Une chienne hors du commun…

Une chienne hors du commun…
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J’aurais dû écrire cette histoire il y a belle lurette. Mais que voulez-vous! Il aura fallu que je laisse macérer le tout pendant une couple d’années pour vous en faire part. Aucune raison valable à ça. La vie c’est ainsi. Et dire que je cherche des histoires pouvant vous intéresser. En voici une, je crois.

Pacha est le sujet de notre chronique. C’est une chienne qui a maintenant quatre ans. Elle avait donc deux ans à l’époque de l’histoire racontée.

Comme tous les jeunes chiens, elle avait alors tendance à se sauver, une fois détachée. Nous étions au quai du lac Prosperous, et elle courait dans les parages, arpentant les buissons et quand vint le temps de partir, qu’elle ne fut pas notre désarroi, pour ne pas dire colère, de nous rendre compte qu’elle avait disparu. Après avoir crié, arpenté les environs, exploré les alentours en voiture, nous dûmes nous rendre à l’évidence : Pacha avait déguerpi. Nous partîmes donc pour le campement, le coeur lourd, mais nous promettant de revenir voir plus tard. Nous avions un trajet de 25 minutes en bateau à faire pour se rendre au camp.

Plus tard, dans la soirée, nous sommes revenus voir au quai, mais aucune trace de la bête. Le lendemain, comme nous devions aller chercher Louise, propriétaire de la chienne en question, nous espérions qu’elle arriverait en disant que la chienne était retrouvée. Nous nous trompions royalement. Pas de chienne. Charles, petit garçon de six ou sept ans à l’époque, était atterré. Tellement, que plus tard dans la journée, il est devenu malade et il a fallu le raccompagner en ville.

Et quelle ne fut pas leur surprise, en arrivant à la maison de voir que la chienne était revenue, couchée près de la maison, exténuée, mais bien vivante, saine et sauve. Ordinaire, direz-vous. Il y a un chemin de Prosperous à Yellowknife, et elle n’avait qu’à le suivre pour arriver en ville. Et puis, ce n’est pas si loin! Je vous l’accorde. Cette histoire n’était qu’un prélude pour vous mettre en appétit. L’histoire qui suit dépasse de loin celle qui précède.

Plus tard, bien plus tard, je crois même que c’était l’année d’après, nous sommes allés à notre campement. Une belle journée, nous sommes allés à notre campement de l’année précédente pour aller chercher du bois que nous y avions laissé. Nous sommes partis plusieurs, chienne y compris. Nous avons rapporté notre bois et sommes revenus au camp. Plus tard, on a commencé à se demander où était la chienne. Cherche la chienne, cherche la chienne : pas de chienne. Nous avons soudain réalisé qu’elle n’était pas revenue en bateau avec nous de l’autre campement. Nous sommes allés voir, avons longé le lac en bateau, aucune trace de Pacha. Il fallait se rendre à l’évidence : elle avait disparu. Plusieurs fois, cette journée-là et le lendemain, nous sommes allés voir, mais rien à faire. Le lendemain, découragés, il a bien fallu revenir. Nous sommes revenus tout doucement, en longeant la berge du lac, en regardant bien pour le chien. Pas de chien. Je ramenais Charles à la maison, et nous avions parlé de la chienne tout le long du voyage en camion. Nous sommes entrés dans la cour et à peine venait-on de descendre que… vous l’avez deviné, la chienne est arrivé en courant. Incroyable! On en a pleuré, on l’a bien flattée, cajolée. Ça c’était incroyable : comment cette chienne a réussi à partir du bout d’un lac où personne n’a jamais marché le trajet (il n’y a aucune route, aucun sentier, rien) où nous allons toujours en bateau, et retrouver son chemin jusqu’à la ville. À partir de la pointe Cassidy, ça se comprend, mais à partir du bout du lac Prosperous, un lac très long et nous étions à l’autre bout, pas évident. Elle avait réussi ça. Cette longue marche relevait de l’exploit. Je vous jure, elle n’est pas ordinaire, mais vous l’aurez compris en lisant mon histoire.

Et pour terminer mon récit en beauté, imaginez-vous donc qu’elle ne s’est jamais enflé la tête avec ça. Elle est restée aussi simple qu’elle avait toujours été. C’est pas un bon chien-chien ça? Je vous en souhaite un aussi intelligent et aussi aimable. Et je vous laisse là-dessus!

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