Les négociations ont repris entre Parcs Canada et la communauté de Lutsel’Ke en vue de créer un parc national dans la région du bras Est du Grand lac des Esclaves.
La liste des parcs nationaux des T.N.-O. et du Nunavut pourrait s’allonger d’ici cinq ans. C’est ce qu’ont révélé le premier ministre Jean Chrétien et la ministre de Patrimoine canadien, Sheila Copps, lors de la présentation d’un plan d’action, le 3 octobre dernier, sur la préservation des sites naturels du Canada. Le territoire réservé depuis 1970, dans le bras Est du Grand lac des Esclaves, devrait devenir un parc au cours des prochaines années, en plus de deux autres sites au Nunavut. La communauté de Lutsel’Ke a donné le feu vert à Parcs Canada pour reprendre les négociations, qui ont achoppé au cours des trente dernières années. Le négociateur pour la communauté de Lutsel’Ke, Felix Lockhart, a d’ailleurs envoyé une lettre à Sheila Copps en 2001, enjoignant les deux parties à retourner au travail.
Pour le directeur général des parcs nationaux, Nikita Lopoukhine, plusieurs années pourraient encore être nécessaires avant que le territoire de 7150 kilomètres carrés ne devienne un parc, même si la date butoir a été fixée à 2004. « On voudrait bien, mais on va voir… », a-t-il mentionné, laissant en suspend tous les détails entourant le processus des négociations. « La gestion du parc dépendra de la communauté, de leur entente et des discussions que nous aurons avec elle. »
La principale pierre d’achoppement est la question des droits de chasse et de pêche. Le négociateur Lockhart estime que les Autochtones veulent avoir leur mot dire dans l’élaboration d’un plan de gestion du parc. « Nous disons oui pour les négociations, mais pas nécessairement oui pour un parc national. Nous voulons protéger cette zone. Nous sommes reliés à ce coin de terre depuis plusieurs années. Nous connaissons son écosystème et ses cours d’eau », a révélé le représentant de Lutsel’Ke, qui a bon espoir que tout le processus dure moins de cinq ans.
L’approche de Parcs Canada, qui, selon la Loi sur les parcs nationaux du Canada, proclamée le 19 février 2001, cherche à maintenir ou à restaurer l’intégrité écologique des parcs, déterminera grandement la gestion du parc du bras Est. Selon le directeur général, lors de la création du premier parc au Canada, le parc national Banff, en Alberta, l’objectif était d’offrir au public une aire de récréation. « Maintenant, c’est axé sur la protection. Dans le Nord, avec les ententes avec les Autochtones, on établit des dispositions pour la chasse et la pêche. »
Le site du bras Est du Grand lac des Esclaves a été sélectionné, tout comme les trois autres nouveaux sites des T.N.-O. et du Nunavut, selon ses caractéristiques environnementales. Selon Parcs Canada, chaque écosystème du Canada doit être représenté par un projet de parc. Pour la région de Lutsel’Ke, c’est la forêt boréale, sa faune et sa flore qui sont sujets à conservation. Les sites d’Ukkusiksalik, au nord du cercle arctique et de l’Île Bathurst, au Nunavut dépeignent deux écosystèmes abritant, entre autres, des ours polaires, des bœufs musqués et des caribous de Perry.
D’ici cinq ans, dix nouveaux parcs seront créés au pays. Sept des dix sites ont déjà été identifiés, dont les îles Gulf en Colombie-Britannique, les monts Torngat et les monts Mealy au Labrador et les forêts des basses-terres au Manitoba. Ces nouveaux parcs élargiront de près de 50 % le réseau actuel des parcs nationaux. L’annonce du gouvernement prévoit aussi la création de cinq aires marines nationales de conservation.