le Vendredi 29 août 2025
le Vendredi 1 novembre 2002 0:00 Environnement

Accord de Kyoto Les T.N.-O. apposent un bémol

Accord de Kyoto Les T.N.-O. apposent un bémol
00:00 00:00

Les Territoires du Nord-Ouest veulent travailler à l’intérieur du Protocole de Kyoto, mais étudieront le plan d’action fédéral avant de l’accepter… ou de le rejeter

Réunis à Halifax, les ministres territoriaux et provinciaux responsables de l’Énergie et de l’Environnement considèrent que le plan de travail présenté par le gouvernement fédéral en matière de réduction des gaz à effets de serre « ne représente pas encore une approche adéquate ». Cette thèse, à la suite de laquelle les T.N.-O. ont ajouté un bémol, est contenue dans la déclaration finale des ministres.

« La raison pour laquelle nous avons mis un bémol est que nous avons besoin d’analyser ce que le gouvernement fédéral propose avant de le commenter. Il faut partager l’information avec les députés et les résidents du Nord avant que nous décidions si le plan de travail est adéquat ou pas », d’expliquer le ministre Jim Antoine, qui était présent pour la rencontre du 28 octobre.

Le ministre dit avoir soulevé certaines préoccupations lors de la rencontre de Halifax, notamment, en ce qui a trait aux impacts qu’aurait la ratification de l’accord au nord du 60e parallèle, notamment sur le projet du gazoduc. « Je voulais avoir l’assurance que la ratification n’aurait pas d’impact négatif sur des projets comme le gazoduc de la vallée du Mackenzie », explique-t-il.

Au cours des dernières semaines, plusieurs informations ont circulé à l’effet que la ratification de l’entente sur la réduction d’émission de gaz à effet de serre par le Canada pourrait freiner le projet de construction d’un gazoduc dans le Nord. M. Antoine dit avoir été assuré, au cours de sa rencontre, « que les compagnies pétrolières en Alaska, ainsi que les partisans de la construction d’un pipeline, n’utiliseraient pas la ratification de l’accord comme argument contre le Canada et les T.N.-O. Nous devrons cependant examiner ça de plus près», ajoute-t-il.

La province la plus farouchement opposée à la ratification de l’accord, l’Alberta, a fait valoir à plusieurs reprises qu’une telle signature mettrait l’industrie du pétrole et du gaz naturel en danger.

« Les coûts reliés à l’atteinte des objectifs fixés par le protocole sont aussi une des préoccupations que nous avons. Le fédéral n’a pas sorti de chiffre. Nous avons besoin de savoir quelles seront les implications pour les citoyens du Nord. », de faire valoir Jim Antoine, qui rappelle que le diesel est à la base de l’électricité pour plusieurs communautés. « Le ministre fédéral de l’Environnement, David Anderson, a dit que le prochain budget fédéral traiterait de la question », de poursuivre le ministre territorial.

Ce dernier se défend d’ailleurs d’avoir fait volte-face au sujet de la ratification de l’Accord de Kyoto, qu’il a toujours appuyé auparavant. « Notre position a toujours été de travailler à l’intérieur de l’Accord de Kyoto, alors que d’autres s’y refusent. Cependant, il y a encore beaucoup de travail à faire et nous avons besoin de plus d’information de la part du gouvernement fédéral », argumente-t-il.

Le ministre Jim Antoine en appelle donc, en compagnie des ses homologues provinciaux et territoriaux, à un plus grand engagement des provinces et des territoires dans l’élaboration du plan d’action. Les ministres responsables de l’Énergie et de l’Environnement demandent aussi à ce qu’une rencontre des premiers ministres des provinces et des territoires ait lieu avant que le vote sur la ratification de l’entente ne s’effectue à Ottawa. Mardi dernier, le premier ministre Jean Chrétien a réitéré sa volonté de tenir le vote avant les Fêtes. Quant aux ministres de l’Énergie et de l’Environnement, ils se rencontreront à nouveau le 21 novembre prochain.