Depuis le début des années 1990, le nombre de chasseurs résidant aux T.N.-O. chute d’environ trois pour cent par année.
Un sondage distribué chaque année aux chasseurs résidants des T.N.-O. montre que, malgré l’augmentation de la population ténoise, le nombre de chasseurs non autochtones est en baisse dans le Nord. « C’est la même chose à travers tout le Canada, la proportion du nombre de personnes qui chassent diminue au sein de la population », d’expliquer Suzanne Carrière, biologiste au ministère des Ressources, de la Faune et du Développement économique.
Le sondage, distribué par le ministère, exclut cependant les populations autochtones, qui ont leurs propres systèmes d’attribution de permis de chasse et de collecte des données. Chaque année, le chasseur non autochtone qui réside aux Territoires du Nord-Ouest reçoit, quant à lui, un questionnaire lui demandant d’identifier quel(s) gibier(s) il a récolté, ainsi que l’endroit où il l’a fait. Ce sondage est rempli sur une base volontaire et le taux de participation à celui-ci est de près de 50 %. « Ce qui est un très bon taux de réponse », selon Mme Carrière.
Les résidants des Territoires du Nord-Ouest constituent environ dix pour cent de la population qui chasse. Les autres groupes sont les Autochtones, les Inuvialuits, ainsi que les touristes canadiens et étrangers. Ce sondage ne permet donc pas d’établir une étude poussée des conséquences de la chasse sur la faune des Territoires du Nord-Ouest. « Au niveau des Territoires du Nord-Ouest, notre impact sur la population d’environ toutes les espèces animales est très petit. Mais à plus petite échelle, autour des communautés, on peut voir une petite différence », d’analyser la biologiste.
Dans les résultats ponctuant la saison 2000-2001, il est frappant de constater la diminution du nombre d’orignaux récoltés dans la région de Fort Smith, qui comprend, pour les besoins de la cause, tout ce qui est au Sud et au Nord du Grand Lac des Esclaves, à l’exception de Yellowknife, qui constitue une région à elle seule. « Du côté des orignaux aussi, la diminution des prises peut être un effet du nombre décroissant de chasseurs », croit Mme Carrière.
En fait, pour presque toutes les espèces animales faisant l’objet du questionnaire, la grande région de Fort Smith s’est fait damer le pion par les résidents de Yellowknife au cours des 20 dernières années. En 1983-1984, les gens de Fort Smith ont récolté davantage d’orignaux, de caribous des bois et de mouflons blancs que leurs confrères de Yellowknife. En 2000-2001, pour toutes ces espèces, ce sont les résidents de Yellowknife qui ont connu le plus de succès.
Le questionnaire comprend aussi de la cueillette d’information sur le petit gibier et la chasse des oiseaux migrateurs. Enfin, certaines espèces, comme l’ours grizzly, ne font pas partie des données recueillies. « Le cas de l’ours grizzly est très restrictif, puisque chaque chasseur n’a droit qu’à un de ces ours dans une seule vie. Si bien qu’une fois qu’un chasseur a tué son grizzly, son nom est entré dans une liste et il ne pourra plus avoir de permis pour chasser cette espèce », d’expliquer Suzanne Carrière.