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le Vendredi 2 mai 2003 0:00 Environnement

Projet de DeBeers On veut des ententes

Projet de DeBeers On veut des ententes
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L’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie (OEREVM) a tenu du 28 avril au 2 mai, ses audiences publiques sur le projet de DeBeers de construire une mine de diamants au lac Snap. Située à 220 kilomètres au nord-est de Yellow-knife, la mine serait entièrement souterraine, contrairement aux mines Diavik et Ekati, qui possèdent des puits à ciel ouvert.

Selon Judy Langford, administratrice aux communications pour DeBeers, le fait que la mine soit souterraine, chose rare dans l’industrie du diamant mondiale, amène ses avantages au point de vue environnemental. « La différence majeure est au niveau de la quantité de poussière. Celle-ci sera toujours contenue sous la terre ou dans l’usine de traitement. Beaucoup moins de cette poussière se retrouvera dans la nature », croit-elle.

Cependant, un point a continué de susciter le questionnement de certains intervenants. Il s’agit de la quantité de roches non utilisées qui seront extraites de la terre. Pour le Dr Shelagh Montgomery, directrice du programme des effets cumulatifs au Canadian Arctic Resources Committee (CARC), les impacts, « probablement mieux, bien que relatifs » d’une mine souterraine, demeurent. « Les roches mises à la surface risquent de causer des drainages acides qui affectent beaucoup les lacs ».

Pour Mme Langford, la compagnie fait les efforts nécessaires. « En excavant, nous replacerons environ la moitié de la kimberlite sous la terre. Nous voulons minimiser le montant de roches qui restent dans une pile. Il y a beaucoup d’ingénierie et de planification qui ont été consacrés à ce sujet. Il ne s’agira pas que d’un tas de roches. Ce sera préparé dans des étapes minutieusement planifiées et réparties sur 20 ans. Une fois que nous serons repartis, ça aura repris son air naturel », dit-elle.

Une autre préoccupation mise de l’avant par le CARC est l’accumulation de projets de développement dans le secteur de la province géologique des Esclaves. « Avec plus de développement, il y a plus de routes rattachées à la route de glace que l’on retrouve en ce moment. Ça donnera un accès à d’autres petites compagnies pour se rendre plus facilement sur le terrain. Tout ça à un effet sur l’environnement. C’est au gouvernement de mettre en place des règlements pour que l’on s’assure que l’on analyse tout ça dans son ensemble », de faire savoir Mme Montgomery.

Selon elle, le gouvernement avait fait des promesses en ce sens lorsque les études sur les impacts environnementaux de la mine Diavik s’étaient terminées en 1999. « Nous étions supposés avoir un plan de mise en oeuvre qui permettrait d’avoir une meilleure gestion du développement de cette région. Présentement, rien n’est en place, alors on regarde un projet en particulier plutôt que la région dans son ensemble », dit-elle. Lors de son discours d’ouverture aux audiences publiques, le 28 avril, le CARC a recommandé que le gouvernement prenne les mesures nécessaires à cet effet.

Parmi les autres recommandations du CARC sur le sujet, on demande à ce que DeBeers utilise les infrastructures de taille et de polissage de diamants disponibles à Yellowknife et que les ententes socio-économiques et environnementales soient signées avant que l’on ne construise la mine qui emploierait de 450 à 500 personnes.

Même son de cloche du côté du gouvernement. Le sous-ministre intérimaire au ministère des Ressources, de la Faune et du Développement économique, Doug Doan, a fait une demande en ce sens au cours de son allocution d’ouverture. Outre la signature de ces ententes, le gouvernement territorial demande à ce que des cibles soient fixées pour l’embauche de résidents ténois, l’utilisation de l’hydroélectricité sur le site et l’évaluation des impacts du projet sur la gestion de la faune. Dans un communiqué de presse, le GTNO a fait savoir que l’appui au projet de DeBeers était conditionnel à ces mesures. Pour le reste, « la proposition de DeBeers satisfait plusieurs des préoccupations du gouvernement ».

Toutes les recommandations et inquiétudes entendues par l’OEREVM au cours de la semaine feront l’objet d’un rapport au ministre des Affaires indiennes et du Nord Canada, Robert Nault. « En assumant que le ministre dise oui, nous passerons à l’étape du permis d’exploitation hydraulique. Nous nous attendons donc à pouvoir aller de l’avant vers la fin janvier ou le début de février 2004 », d’expliquer Mme Langford qui croit que les mois qui précéderont l’ouverture de la route d’hiver en 2005 seront principalement consacrés à la planification.