Le groupe Ecology North a tenu une séance d’information, dernièrement, pour expliquer à la population les grandes lignes du programme de recyclage de la Ville de Yellowknife. Avec le dépôt, en juin prochain à l’Assemblée législative, d’un projet de loi sur la réduction du volume et de la production des déchets et l’entrée en vigueur prochaine du plan sur les ordures ménagères de la Ville de Yellowknife, le recyclage est le sujet sur toutes les lèvres. Près d’une cinquantaine de citoyens en ont fait la démonstration lors de cette rencontre, qui a fait l’objet de discussions entre des représentants de la ville, des gouvernements des TNO et du Canada et du groupe Ecology North.
La coordonnatrice à l’environnement de la Ville de Yellowknife, Katherine Silcock, a dû s’y prendre à plusieurs reprises pour expliquer le projet de programme d’incitation au rendement, qui en a fait sursauter plusieurs. Selon l’idée initiale, qui a, selon la coordonnatrice, déjà fait ses preuves un peu partout au Canada, les résidents devront limiter leur production d’ordures ménagères à quelques sacs seulement. Ultimement, deux sacs d’ordures, de taille normale, seront tolérés par ménage. Pour chaque sac supplémentaire, le résident devra acheter une étiquette, qu’il apposera sur le sac. La ville espère de la sorte inciter les gens à réduire leur production de déchets et à couvrir plus adéquatement les coûts de traitement des ordures. « Les taxes municipales pour la gestion des vidanges ne couvrent pas les coûts de cette gestion », a mentionné la coordonnatrice. Présentement, chaque ménage reçoit, mensuellement, une facture d’eau majorée de 10 dollars pour le traitement des déchets.
La ville ne veut toutefois pas brusquer les habitudes des citoyens. Le processus sera enclenché graduellement. « Il s’agit de créer une habitude, de préparer les gens et de leurs donner les outils pour le faire, a révélé Katherine Silcock. À cette fin, il faut mettre en place un système d’incitation au rendement. »
Le prix de l’étiquette n’a pas encore été fixé. Les citoyens auront toujours à payer un certain montant pour le traitement de leurs ordures. La taxe spéciale ne s’appliquera qu’aux gros producteurs de déchets. « Nous devrons revoir les frais de traitement des ordures, pour qu’ils en viennent à couvrir le traitement de deux sacs. C’est notre but ultime. »
La Ville de Yellowknife envisage, à long terme, de réduire de 14 à 23 % sa production totale de déchets. Selon la coordonnatrice, certaines municipalités au Canada ont ainsi pu réduire de 30 à 35 % leur production d’ordures. « Si nous mettons en place un système comme ça, je suis persuadée que c’est faisable. »
L’un des obstacles auquel est confrontée la ville est le mythe répandu qui veut que le recyclage à Yellowknife ne se résume qu’à quelques bacs disséminés à travers la ville, dont le contenu se retrouve invariablement à la décharge publique, avec le reste des ordures. « Les matières qui sont placées dans les conteneurs sont envoyées à l’extérieur de la ville pour être recyclées, explique Katherine Silcock. Il y a beaucoup d’idées négatives qui entourent notre programme. Les gens ont perdu confiance. Nous devons maintenant la rétablir. »
Un programme d’éducation populaire, notamment par une campagne de publicité dans les médias, sera également mis en branle parallèlement aux mesures d’incitation. Des indications plus claires sur les matériaux recyclables seront apposées sur les conteneurs à recyclage.