Le scénario est simple. Recevant toujours le diesel nécessaire à son énergie par voie maritime, la communauté de Lutsel K’e est aux prises avec un déversement. Comment réagir ? Qui fait quoi ? Quels sont les éléments à considérer ? Quelques 35 personnes étaient réunies autour d’une table, le 14 janvier, pour répondre à ces questions et mettre la théorie en pratique.
Selon Theresa Nichols, agente de communications à Pêches et Océans Canada, il existe plusieurs plans pour répondre à divers type de déversements. « Un exercice du genre est requis à chaque année et il y a beaucoup de scénarios planifiés. Les exercices sont pour tester ces plans ».
Le défi du scénario de Lutsel K’e, selon Mme Nichols, est qu’il s’agit « d’un environnement éloigné et il n’y a pas beaucoup de gens dans cet environnement immédiat qui peuvent vraiment se rassembler et réagir immédiatement. Il faut apporter de l’équipement d’ailleurs et du personnel additionnel. Il faut s’assurer que si des gens tombent malades, ils peuvent recevoir un traitement immédiat et même demander à d’autres communautés de les aider à obtenir ce dont ils ont besoin. En plus, il y a un problème de gestion des déchets. Qu’est-ce que l’on fait avec tout le diesel et tous les débris ? ».
Quant à savoir qui est responsable en cas de déversement, c’est la situation qui le dicte. « Ça dépend de ce qui s’est passé pour vraiment identifier qui est responsable. Si c’est sur terre, ça revient au gouvernement territorial et si c’est par bateau, ce sera la Garde côtière. Il y a donc beaucoup de marge de manœuvre », dit Mme Nichols, qui rappelle qu’une ligne téléphonique est toujours en fonction, en cas de déversement.
Mme Nichols souligne cependant que c’est souvent la communauté elle-même qui a à répondre à la situation d’urgence. Par exemple, si l’évacuation est nécessaire, ce sera à cette communauté, qui dispose d’un plan en ce sens, de s’en charger. Lors d’un déversement, les deux priorités sont la santé des gens et l’environnement.
Il semble cependant que ce type de déversement ne soit pas très fréquent aux Territoires du Nord-Ouest. Theresa Nichols estime que la prévention semble porter fruit. « Le risque est très bas et la prévention est la clé. Ça passe par la formation, l’entretien des machineries et les vérifications».