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le Vendredi 13 mai 2005 0:00 Environnement

Les cabinets s’en mêlent

Les cabinets s’en mêlent
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Déterminé à sortir le Projet gazier du Mackenzie de l’impasse, le premier ministre Joe Handley s’est rendu à Ottawa, mardi, pour rencontrer des ministres fédéraux.

« Nous avons convenu qu’il était de notre responsabilité commune de répondre aux conséquences socio-économiques du projet », a déclaré le premier ministre. Il a fait cette remarque après une rencontre avec la vice-première ministre du Canada, Anne McLellan, le ministre des Ressources naturelles, John Efford, et le ministre des Affaires indiennes et du Nord, Andy Scott.

Il répondait ainsi à une des préoccupations centrales des promoteurs. Ceux-ci considèrent que les gouvernements autochtones réclament des redevances trop élevées pour l’accès à leurs terres. Les gouvernements autochtones, en revanche, affirment que cet argent est nécessaire pour assumer les coûts sociaux-économiques associés au projet.

Il y a deux semaines, Imperial Oil, qui représente les promoteurs à la table de négociation, a annoncé qu’elle interrompait toutes ses activités liées au gazoduc. Elle souhaitait se consacrer uniquement aux négociations avec les Autochtones et au parachèvement du processus réglementaire.

Ajoutant que la plus grande partie du fardeau socio-économique du projet incombait au territorial, Joe Handley a indiqué que son gouvernement ne disposait pas des fonds nécessaires pour y répondre adéquatement. « Le logement et la santé, ça relève de notre juridiction », a-t-il dit.

Selon le premier ministre, les ministres qu’il a rencontré lui ont donné « l’assurance » qu’Ottawa était disposée à assumer les coûts. Il semble cependant, qu’aucune somme, ni aucun mécanisme pour les attribuer n’ait été établi.

Joe Handley admet ne pas pouvoir mesurer l’impact de cette entente verbale sur les négociations sur l’accès aux terres. « Nous ne sommes pas une partie dans ces négociations-là », a-t-il rappelé. L’accès aux terres relève de négociations bipartites entre les promoteurs et les gouvernements autochtones.

Le premier ministre dit ignorer les demandes exactes de chacune des parties. Il affirme toutefois que des représentants d’Imperial lui ont signifié leur intention de présenter bientôt une proposition gabarit qui serait applicable à chacune des nations sur la route du gazoduc. Joe Handley doit rencontrer aujourd’hui, vendredi, les négociateurs des Inuvialuit, des Gwich’in, du Sahtu et du Deh cho.

Le premier ministre a, par ailleurs, réitéré l’importance qu’une entente sur le partage des revenus provenant des ressources et sur la dévolution de pouvoirs survienne au plus tôt avec le fédéral. « Imperial Oil nous demande une certaine assurance fiscale, a-t-il déclaré. Ils veulent être sûrs que nous sommes prêts à accueillir le gazoduc. Sans un accord sur le partage des revenus et la dévolution, nous ne pouvons pas fournir cette assurance. » Joe Handley espère encore qu’une telle entente puisse être conclue d’ici la fin du printemps.

Élections

L’éventualité toujours plus persistante qu’une campagne électorale fédérale ait lieu ce printemps ne facilite pas non plus un règlement. « C’est une complication », admet Joe Handley.

À ce chapitre, il indique que son gouvernement ne veux pas prendre le risque de tout mettre ses œufs dans le même panier. « Nous avons profité de notre passage à Ottawa pour rencontrer des leaders de chacun des partis », a-t-il précisé.

« Peu importe qui forme le gouvernement, a dit Joe Handley, nous nous attendons à ce que les engagements qui ont été pris soient respectés. »

Le premier ministre a rencontré des critiques conservateurs ainsi que le chef du Nouveau partie démocrate, Jack Layton. Ce dernier a commenté en ces termes la rencontre : « Les résidents du Nord ont besoin d’une avance de fonds pour les programmes sociaux et la formation de la main d’œuvre. Ainsi, ils seront en mesure de répondre, avec des solutions qui leur conviennent, aux défis que posent une économie en évolution, notamment à cause du Projet gazier du Mackenzie. »

Cinq heures après que le premier ministre ténois se soit adressé à la presse, une motion réclamant la démission du présent gouvernement a été adoptée à la Chambre des communes. Au moment de mettre sous presse, les libéraux refusaient d’y voir une obligation de dissoudre le Parlement.