le Samedi 30 août 2025
le Vendredi 13 mai 2005 0:00 Environnement

Une augmentation de 60% en 5 ans

Une augmentation de 60% en 5 ans
00:00 00:00

De 1996 à 2001, le nombre de tonnes de gaz à effet de serre (GES) émises aux TNO est passé de 1,09 à 1,75 millions. Cela signifie que, si chacun des 42 000 résidents des TNO relevait le « Défi d’une tonne », il faudrait encore réduire nos émissions d’au moins 24 000 tonnes pour se maintenir au niveau de 1996.

C’est ce qui ressort d’une étude publiée cette semaine par le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles. Cette étude cherchait à établir de façon plus juste l’évolution des émissions de GES depuis 1996. Auparavant, étant donné que les anciennes données ne tenaient pas compte de la création du Nunavut, une fausse diminution statistique des émissions était constatée à partir de l’an 1999. La présente étude rétablit les faits en ne tenant compte que des GES émis à l’intérieur des actuelles frontières des TNO, durant la période 1996-2001.

L’étude démontre que, durant cette période, tous les secteurs ont augmenté leurs émissions de GES. C’est cependant dans les secteurs pétroliers et gaziers que l’on constate la plus forte augmentation. Les émissions de GES pour ses secteurs sont passées de 46 000 tonnes à 178 000 tonnes, une augmentation nette de plus de 380 %. Le secteur du transport n’est pas en reste, lui non plus. Alors que ce secteur émettait 366 000 tonnes de GES en 1996, en 2001 il en émettait 640 000, presque le double.

Le rapport note que « l’augmentation est plus importante que les prévisions faites en 1996, car les projets de développements, la production gazière dans la vallée de Liard et l’utilisation d’équipement lourd pour la construction de routes avancent tous à un rythme plus rapide que prévu. »

En 2001 plus spécifiquement, les émissions de GES des TNO se sont élevées à 1,75 millions de tonnes, soit environ 42 tonnes par habitant, près du double de la moyenne canadienne (22 t/habitant). Les mines et l’industrie pétrolière et gazière sont la principale source de ces émissions. À elles seules, elles sont la cause du tiers (34 %) des émissions totale de GES des TNO. Le transport hors-route – comprendre les motoneiges et les véhicules tous terrains – est bon deuxième avec 19 % des émissions. Viennent ensuite la production d’électricité (11 %), les activités commerciales et institutionnelles (10 %), le transport automobile (9 %), le transport aérien (8 %) et le secteur résidentiel (5 %). Une kyrielle d’autres secteurs aux émissions de GES négligeables sont également compilés. Les émissions de méthane provoquées par la fonte du pergélisol ne sont toutefois pas comprises dans ce calcul.

Notons que, sur la scène nationale, les émissions de GES des TNO demeurent dérisoires. Elles ne représentent guère plus de 0,3 % du total des émissions canadiennes. À elle seule, la province de l’Alberta émet plus de 100 fois plus de GES que les TNO. En revanche, l’Arctique est la région du globe la plus durement affectée par les changements climatiques que la majorité de la communauté scientifique affirme causés par les GES.

En tout et partout, cette étude démontre que, plutôt que de cheminer vers l’atteinte de nos engagements de Kyoto, les TNO ont sensiblement reculé. Le protocole de Kyoto prévoit que, d’ici 2012, nos émissions de GES devront être réduites à 10 % de moins que leur niveau de 1990.