le Dimanche 31 août 2025
le Vendredi 27 mai 2005 0:00 Environnement

Elle donne une voix à sa communauté

Elle donne une voix à sa communauté
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Tout au bout de la route Mackenzie, il y a une minuscule communauté d’un peu plus de 150 Dénés et d’une francophone. La communauté, c’est Wrigley ; et la francophone, c’est Anyès Fabre-Dismdale.

Anyès s’est établie à Wrigley il y a deux ans où son mari travaille avec la Nation Deh cho et où elle élève ses enfants. Aux abords du grand fleuve Mackenzie, au détours de l’immensité, elle est devenue cinéaste indépendante.

« Ça fait un an que je travaille sur mon film », confie-t-elle dans une entrevue qui aurait difficilement pu être autrement que téléphonique. Son sujet,c’est le Projet gazier du Mackenzie, un projet qui touche directement sa communauté situé en plein dans le trajet du gazoduc.

« J’ai fait des entrevues. J’ai ramassé des prises de vues de l’environnement autour de Wrigley. Je me suis aussi rendue à Calgary pour rencontrer les gens d’Imperial Oil », raconte-t-elle. Caméra au poing, Anyès souhaite donner une voix aux gens qui seront les premièrs à être affectée par le méga-projet de sept milliards de dollars et qui, ironiquement, sont cceux que l’on entend le moins.

« Je veux montrer la perspective d’une petite communauté […] C’est très, très tranquille, ici. Nous sommes dans un environnement, pour ainsi dire, intouché. D’avoir un gazoduc, un projet de cet envergure là, ça va avoir un assez gros impact. Seulement pour la construction, cela signifie qu’il y aura des poids lourds, des camps de plusieurs centaines de personnes, une augmentation du trafic aérien et du trafic sur le fleuve. Donc ça va perturber beaucoup la communauté rien que pour la construction. Et après, ça ouvre le territoire à une augmentation de l’exploitation. Alors, moi, ce que j’essaie de voir c’est ce qu’en pensent les membres de la communauté. »

Jusqu’à présent, ce qui ressort des entrevues qu’elle a faites tranche avec la vision parfois manichéenne qu’on présente du débat sur le gazoduc. Exit les promoteurs, en bleu dans le coin droit, qui affrontent le Deh cho, en rouge dans le coin gauche. « Les gens, surtout les aînés, ont des appréhensions mais personne n’est totalement contre le projet, indique-t-elle. Les aînés sont plus méfiants parce qu’ils ont connu le premier pipeline, celui d’Embridge. C’est une expérience qu’ils n’ont pas trouvée très positive. »

Si tout va bien ce documentaire dont le titre reste à trouver devrait être complété d’ici le printemps 2006 et devrait durer entre 30 et 60 minutes. Est-ce qu’il n’y aurait pas un Ciné-club intéressé à le projeter ?