le Dimanche 31 août 2025
le Vendredi 17 juin 2005 0:00 Environnement

Retardez la conférence, clament les intervenants

Retardez la conférence, clament les intervenants
00:00 00:00

Des organismes et des individus réclament qu’une conférence portant sur le projet gazier du Mackenzie equi doit avoir lieu à la fin juin soit reportée à l’automne. Cette conférence organisée par la Commmission d’examen conjoit (CEC), l’organisme chargé d’effectuer la révision des impacts environnementaux et sociaux du mégaprojet, doit servir à déterminer si assez d’informations ont été fournies par les promoteurs pour entamer des audiences publiques. Il s’agit, en somme, de l’ultime étape avant qu’on laisse au public le soin de décider si le Projet gazier du Mackenzie vaut la peine d’être réalisé. Normalement, cette conférence aura lieu, à Yellowknife, les 26, 28 et 29 juin.

Dans une lettre envoyée le 10 juin au président de la CEC, des individus et groupes qui possèdent le statut d’intervenant pour le processus de révision s’objectent à la tenue de la conférence. « Nous sommes opposés à ce que cette conférence ait lieu maintenant », écrivent Shelagh Montgomery, Kevin O’reilly, Tasha Stephenson, Mary McCreadie, Alternatives North, Ecology North, le Conseil de la condition de la femme des TNO, le Conseil d’alphabétisation des TNO et l’Arctic Indigenous Youth Alliance. Ils considèrent que la conférence a lieu trop tôt et demandent qu’elle soit remise à l’automne avec un horaire présenté en juillet.

Les signataires indiquent que les plus récentes réponses des promoteurs aux demandes d’information ne remontent qu’au 8 juin. « Nous ne pouvons en aucune façon penser qu’il y aura assez de temps pour réviser toutes ces nouvelles information », souligne Barbara Saunders, du Conseil sur la condition de la femme des TNO.

« Nous n’avons reçu l’horaire de la conférence que vendredi dernier [le 10 juin], note Shelagh Montgomery, une intervenante du processus de révision. On parle d’une conférence qui aura lieu dans moins de trois semaines et pour laquelle nous sommes supposés envoyer des experts, pour nous représenter. Même si nous avions du financement – ce qui n’est pas le cas – il serait quand même pratiquement impossible d’y arriver. »

Les signataires questionnent également la pertinence de restreindre la conférence à trois jours. Les intervenants doivent, en effet, soumettre les points qu’ils souhaitent voir abordés durant la conférence. Compte tenu du grand nombre et de la variété des intervenants, et aussi de l’ampleur du projet, il est peu probable que l’ensemble de ces points seront abordés en si peu de temps. « Jusqu’à présent, les intervenants ont suggéré à la CEC 50 thèmes et 150 questions à aborder. […] Aborder, en trois jours, 150 points différents, en débattre et arriver à quelque chose de concret à la fin, c’est ridicule », affirme Shelagh Montgomery.

« Le processus est traité en accéléré [fast-tracked], estime pour sa part Jennifer Sharman de l’Arctic Indigenous Youth Alliance. Nous n’avons pas les moyens de une quantité aussi colossale de documents en si peu de temps. C’est impossible » Elle ajoute que la plupart des intervenants sont des organismes bénévoles avec peu ou pas de financement.

Les intervenants soulignent enfin que les dates annoncées de la conférence chevauchent celles de l’Assemblée générale des Premières nations du Deh Cho. En effet, L’assemblée du Deh Cho aura lieu du 27 au 30 juin, à Kakisa, et sera précédée par l’Assemblé de la jeunesse et des aînés, les 25 et 26 juin. Tous les acteurs importants de la nation dont le territoire comprend 40 % du trajet proposé pour le gazoduc devront donc choisir entre l’un ou l’autre des événements. « L’assemblée du Deh Cho a lieu à tous les ans à la même date. Cela aurait été la moindre des choses que de planifier la conférence à une autre moment », soupire Shelagh Montgomery.

À quelques minutes de la tombée de ce présent numéro, la CEC a répondu à la coalition d’intervenants. Le président, Robert Hornal, maintient les dates du 26 au 29 juin. Il annonce aussi les sujets qui seront abordés durant la conférence ; une quinzaine ont été retenus. La CEC a retenu les sujets qui intéressaient « une grande partie des participants de la conférence », écrit le président.

Les signataires de la lettre du 10 juin, qui ont tous pris soin de s’inscrire à la conférence, affirment qu’ils feront de leur mieux pour y prendre part dans le meilleur intérêt du public. « Nous allons faire de notre mieux, mais nous pensons que notre intervention serait plus efficace si c’était reporté », tranche Jennifer Sharman.

Les documents et correspondances liés au Projet gazier du Mackenzie sont du domaine public. Vous pouvez les consulter sur le site Web du Secrétariat du projet de gaz du Nord (www.ngps.nt.ca). Le site comprend une interface francophone, mais la plupart des documents ne sont disponibles qu’en version unilingue anglaise