Conformément au Protocole de Kyoto, d’ici 2012, le Canada devra réduire de 10 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES), sous leur niveau de 1990. La capitale des TNO n’est pas en reste et a décidé de voir ce qui lui était possible de faire pour réduire ses propres émissions. C’est dans cette optique que la ville a décidé de se doter d’un Plan énergétique communautaire.
En janvier, la ville a mandaté la firme Terriplan Consultants d’évaluer les actuelles dépenses énergétiques de Yellowknife. Mardi dernier, les résultats préliminaires de cette étude ont été présentés au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles.
Selon les estimations de la firme, en 2004, à Yellowknife, 144 millions de litres d’essence ont été brûlés, 360 000 tonnes de gaz carbonique ont été rejetées dans l’air et 113 millions de dollars ont été dépensés pour couvrir les besoins énergétiques. « C’est un fichu paquet d’essence, un fichu paquet d’argent et un fichu paquet d’émissions », souligne Rob Marshall, le consultant qui a mené l’étude.
En tout et partout, Yellowknife est responsable de 20 % des émission de GES de l’ensemble des TNO. « Ce n’est pas immense compte tenu de la population », a souligné une personne dans l’assistance. « Faux !», a aussi tôt rétorqué Marshall. Étant donné que la majorité des émissions des TNO provient de l’industrie pétrolière et minière, dont les activités ont généralement à l’extérieur des communautés, à l’échelle communautaire, Yellowknife est responsable de 45 % des émissions du territoire. « Ce qui est, par ailleurs, attendu étant donné qu’on retrouve, ici, des infrastructures qui ne sont pas présentes dans les autres communautés : une prison, l’Assemblée législative et toutes ces choses », a tempéré le consultant.
En regardant de plus près, on constate que c’est le secteur résidentiel qui est le plus énergivore (37 % des émissions anuelles), suivi du secteur commercial (31 %), puis du transport (20 %) et du secteur institutionnel (15 %). En outre, les installations de la municipalité représentent une infime partie du fardeau énergétique de Yellowknife. Elle ne compte que pour 2 % des émissions totales.
Le but de cette étude était de cerner les principales sources de gaspillage énergétique pour ensuite envisager les solutions les plus efficaces. À cet égard, la ville de Yellowknife s’en remet à ses citoyens pour l’aider à prendre les mesures qui s’imposent pour réduire ces dépenses énergétiques.
« Nous voulons connaître vos idées, s’enthousiasme le directeur des travaux publics de la Ville, Greg Kehoe. Nous avons déjà pensé à quelques initiatives comme changer les ampoules des feu de circulation pour des lampes éco-énergétiques de type LED, mais nous comptons d’abord sur le public. »
Vous avez des suggestions? Vous pouvez les soumettre en remplissant le formulaire à cet effet, disponible sur le site Web de la ville : www.yellowknife.nt.ca.
L’exemple de Wha Ti
Pour l’instant, la seule communauté des TNO à s’être dotée d’un plan énergétique est la petite communauté tlicho de Wha Ti. Le Plan énergétique communautaire de Wha Ti a été complété en 2002 par l’organisme Arctic Energy Alliance et le conseil de bande local.
Ce plan prévoit, entre autres, la construction d’une petite centrale hydroélectrique au fil de l’eau, l’utilisation de l’énergie solaire comme moyen de chauffer l’eau de la communauté ainsi qu’une meilleure isolation des maisons de Wha Ti.