À moins d’avoir passé le dernier mois enfermé dans un bécher opaque, vous l’aurez remarqué et peut être aussi tapé : les maringouins sont de retour.
Maîtres impitoyables de la taïga, les moustiques arpentent la forêt, prêts à bondir sur le premier morceau de chair. Quoi qu’on vous dise, aucune compagnie minière des TNO n’a percé autant de trous que ces petites bêtes ailées – ou zélées, c’est selon.
D’après Environnement Canada, on recenserait 74 espèces différentes de culicidés dans notre beau pays, dont une soixantaine s’abreuvent de sang. Dans la région subarctique, c’est l’Aedes hexodontus qu’on retrouve en plus grand nombre. Selon les experts en la matière, hexondontus est le plus féroce de tous les moustiques. Il peut attaquer jour et nuit dans des conditions de vent et de froid qui rebutent la plupart des autres espèces. Hexodontus est aussi un des plus prolifiques en son genre. Une seule femelle peut pondre jusqu’à 250 œufs à la fois et peut répéter l’exploit trois fois durant sa vie. Dans certains coins de la taïga, on estime que la population d’Aedes hexodontus dépasse les 12,5 millions de bibittes par hectare, c’est-à-dire plus de un millions de fois la densité de la population humaine de la Chine.
Plus au nord, dans la toundra, ce sont Aedes nigrimpes et A. impiger qui font la loi. Bien qu’on souligne leur incroyable capacité d’adaptation (on retrouve impiger jusqu’à la pointe nord de l’île d’Ellesmere!), aucun d’entre eux n’est aussi têtu et vorace qu’hexodontus.
Pour tenir ces pestes à l’écart, il existe une vaste gamme de produits offerts en liquide, en spray ou en crème. Ceux à base de N-Diethyl-3-Methylbenzamide (DEET) sont réputés les plus efficaces. Si ce mot vous rappelle un peu trop le son désagréable de votre réveille-matin, vous pourrez toujours opter pour des produits plus « naturels » comme la citronnelle ou encore l’huile Watkins qui, en plus de contenir de tenir à l’écart les indésirables, vient avec un chef-d’œuvre de mauvaise traduction en prime : « insect repellent/ lotion repellante ». J’en veux, j’en veux !
Mais n’oubliez pas : contrairement aux bestioles contre lesquelles on les applique, les lotions chasse-mouches sont toxiques, elles.