le Dimanche 31 août 2025
le Vendredi 1 juillet 2005 0:00 Environnement

Une petite note discordante

Une petite note discordante
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De nombreux politiciens et dignitaires étaient présents le 27 juin dernier à Hay River pour souligner l’ouverture officielle du Bureau du pipeline. Parmi les personnes invitées à s’adresser aux personnes présentes notons les députés locaux, Jane Groenewegen et Paul Delorey, ainsi que le ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, Brendan Bell.

« Le GTNO veut que l’argent et les ressources commencent à couler » a indiqué le ministre Brendan Bell. Selon le ministre, l’ouverture du Bureau du Pipeline est une étape importante de la stratégie gouvernementale visant à faciliter le projet.Mais il a aussi souligné qu’il ne s’agissait que d’une action dans un ensemble d’actions concertées de tous les ministères. « Par exemple, MACA [ministère des Affaires municipales et communautaires] devrait bientôt injecter 1,3 millions dans les communautés pour répondre à des besoins ».

Jane Groenewegen, députée de Hay River Sud, et Paul Delorey, député de Hay River Nord, se réjouissent du choix de leur ville pour l’emplacement de ce bureau qui était également convoité par les communautés du Delta.

« On croyait pendant longtemps que nous serions toujours en périphérie de ce développement, mais ce bureau vient changer ça », a indiqué Jane Groenewegen. Puisant dans ses souvenirs des années 1970, Paul Delorey a mentionné : « On a attendu longtemps pour des activités dans le secteur du pétrole et du gaz, maintenant ça commence à devenir une réalité ».

Note discordante

Mais ce sont les propos du chef de la Première nation de Hay River, Roy Fabian, qui ont un peu amenuisé l’euphorie du moment.

« Notre priorité, c’est de régler d’abord nos préoccupations sinon, rien de va se produire. J’en ai discuté avec nos aînés et ils m’ont laissé ce message : fais tout ton possible pour protéger nos terres » a expliqué le chef Roy Fabian.

« On va s’opposer au pipeline si cela devient nécessaire », a expliqué Roy Fabian, mentionnant même la possibilité d’actions directes comme des blocus de routes et déplorant l’absence de consultation des promoteurs et des gouvernements avec les communautés du Deh Cho.

Toutes les portes ne sont pas fermées, si on en juge par les propos du chef déné. « On n’appuie toujours pas le pipeline, mais si ça va de l’avant, on veut s’assurer de retombées pour nos communautés ».

Un élément facilitateur

« Malheureusement, les préoccupations des Premières nations du Deh Cho ne sont pas de notre ressort. Ça relève de négociations avec le fédéral », a expliqué le ministre Bell qui souligne également qu’il est un peu tôt pour parler de bloquer des routes.

Il reste encore trois postes à combler au Bureau du pipeline qui comptera un total de sept employés. On prévoit que le Bureau devrait être en opération jusqu’en 2010, année visée pour le début de l’opération du pipeline.

« Le budget de ce bureau est un poste budgétaire de mon ministère, mais c’est une initiative coordonnées de tout un ensemble de ministères » soutient le ministre Bell qui souligne que le bureau reçoit ses directives du comité conjoint de planification du pipeline. Car, outre les retombées économiques, le gouvernement des TNO se préoccupe aussi des retombées sociales.

Le bureau vise à appuyer, aviser et faciliter les actions reliées au projet actuel de pipeline mais sans fermer la porte à des projets futurs. Selon le ministre, le Bureau aura à travailler avec d’autres instances gouvernementales et visera à maximiser les retombées du projet. Le bureau agira aussi comme facilitateur au niveau des ententes sur les bénéfices qui se négocieront entre l’industrie et les groupes autochtones.