La période de consultation se termine en novembre 2019.
Le décompte est lancé pour parfaire la Stratégie de rétablissement du caribou de la toundra, dont l’ébauche a été rendue publique le 1er aout dernier.
Cette stratégie est une obligation découlant de la Loi sur les espèces en péril. Le caribou de la toundra (Rangifer tarandus groenlandicus) a été mis sur la liste des espèces en péril le 11 juillet 2018.
Le document a été émis par la Conférence des autorités de gestion (CAG), un groupe comprenant des représentants des gouvernements des Territoires du Nord-Ouest, du Canada, du gouvernement tli?cho, du Conseil régional inuvialuit, ainsi que des Offices des ressources renouvelables gwich’in, de Wek’èezhii et du Sahtu.
La CAG est spécialisé dans la conservation et le rétablissement d’espèces en péril.
« À la prochaine étape, explique la présidente de la CAG, Jody Pelissey, chaque région doit soumettre cette ébauche à l’étude de ses communautés. Elles vont s’assurer que les actions identifiées dans la Stratégie sont appropriées, qu’il n’y a pas d’oublis, etc. »
Tous les citoyens sont invités à émettre des commentaires, jusqu’en novembre 2019, par lettre ou par le biais du site Web de la CAG.
Ces commentaires seront sélectionnés par la CAG pour rédiger la Stratégie finale, qui doit être présentée au ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (MERN) au plus tard en avril 2020, pour qu’elle soit en place en juillet suivant.
Stratégie
La Stratégie esquissée, un document d’orientation générale, propose cinq objectifs de conservation et de rétablissement avec les mesures afin d’y parvenir.
On préconise par exemple de développer les collaborations avec l’industrie, les gouvernements, les organismes de règlementation et autres joueurs pour mettre en place les meilleures pratiques pour diminuer l’impact de l’empreinte humaine sur les caribous ; on cherche à mettre la protection de l’habitat du caribou au cœur des décisions des évaluations environnementales et des initiatives de planification de conservation ; on propose de surveiller les facteurs clés affectant le statut et la santé des caribous, comme leur habitat, leurs parasites et leurs prédateurs.
Les mesures sont adaptées aux huit différentes hardes de caribous de la toundra (Bathurst, Beverly, etc.). Certaines mesures sont déjà en place depuis plus de cinq ans.
« Pour plusieurs hardes, la chasse a été fermée ou restreinte dans la plupart des régions ténoises, y compris pour les Autochtones, de noter Mme Pelissey. La chasse à la harde de Bathurst, près de Yellowknife, est interdite depuis 2016. Il y a aussi des incitatifs financiers, par exemple pour que les gens chassent plus de loups. »
Ponctuellement, les pompiers peuvent intervenir lorsque des incendies menacent des habitats critiques des caribous.
Des plans de conservations existent à l’échelle des collectivités, fait valoir Mme Pelissey, particulièrement dans le Sahtu. « Mais la plupart des plans ont été faits en coopération entre régions, précise-t-elle, parce que les caribous sont des animaux migratoires. La harde de Bathurst, par exemple se trouve en territoire tli?cho, dans le Sahtu et sur le territoire Akaitcho, alors ils travaillent ensemble pour créer un plan de gestion. »
La Stratégie de recouvrement ne formule pas de demande budgétaire. Le financement sera déterminé par le ministre.
« Il y a eu beaucoup d’argent investi par le GTNO jusqu’à maintenant pour la recherche, observe la présidente de la CAG. Les études coutent cher, à cause des vastes régions où les caribous se déplacent. »
Un déclin marqué
La plupart des hardes de caribous de la toundra ont diminué de plus de 85 % dans les 25 dernières années, selon la CAG.
530 000 têtes vivent encore aux TNO et au Nunavut, mais l’espèce pourrait disparaitre des TNO d’ici 50 ou 100 ans.
Il n’y a pas une cause prédominante à leur déclin, dit Jody Pelissey.
Les changements climatiques ont pu affecter le fourrage des hardes et provoquer davantage de feux de forêt.
S’ajoutent à ces causes, les maladies, les prédateurs comme les loups, la chasse, le développement industriel, etc.
« C’est une combinaison de facteurs », analyse Mme Pelissey. On fait ce qu’on peut pour les prédateurs et la chasse, dit-elle, on peut faire certaines restrictions pour l’industrie. « Une partie du travail est simplement d’informer le public sur ce qui se passe. »
L’ébauche de la Stratégie ne fixe pas de cible de rétablissement.