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le Jeudi 22 avril 2021 16:43 Environnement

Sur les traces du caribou

Sur les traces du caribou
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Le biologiste et vidéaste de Fort Smith, Pierre-Emmanuel Chaillon, met aujourd’hui l’éventail de ses compétences au profit d’une étude sur la protection des Caribous, déployée dans les plaines et les collines du Sahtu.

L’Office des ressources renouvelables du Sahtu (ORRS) explore présentement une nouvelle méthode pour faire le recensement des hardes de caribous : le prélèvement des excréments, une technique non dérangeante pour l’animal, qui pourrait fournir toutes les données nécessaires à sa protection. Composée en grande partie d’agents de la faune des TNO, l’équipe s’est également dotée du savoir scientifique — et de la lentille — d’un expert aux compétences multiples.

« Les gens des collectivités du Sathu estiment que d’autres moyens devraient être étudiés pour suivre et étudier les populations de caribous », explique Pierre-Emmanuel Chaillon, biologiste mandaté pour assurer un prélèvement adéquat des excréments par les équipes, et ainsi éviter la contamination des échantillons. À l’heure actuelle, les hardes sont suivies au moyen de colliers émetteurs. « Chaque fois qu’on pose des colliers, on doit poser l’hélicoptère et capturer un caribou, ce qui provoque beaucoup de stress parmi les hardes, et dans de rares cas, des blessures. »

Relayant les données recueillies aux microscopes, M. Chaillon déploie ses propres outils de prédilection sur le terrain, à titre de vidéaste professionnel. L’ORRS lui a donné le mandat officiel de documenter l’étude, sur terre comme dans les airs. « J’ai vraiment pu jouer sur les deux tableaux pour documenter le projet. Dès que je pouvais, je sortais la caméra, le trépied et le drone, et je captais des images », se réjouit-il.

En témoignent nombre de plans vertigineux, captés dans le but de promouvoir les efforts de protection des aires protégées de la région. Un apport modeste aux yeux de l’artiste, qui s’exprime rarement à la première personne. Celui qui est originaire de la région de Grenoble, en France, parle surtout au nom de l’équipe, principalement composée d’experts du Sahtu, formés sur place dans le but de garder cette nouvelle expertise aux Territoires du Nord-Ouest.

Partenaires de l’étude, l’université de Trent intervient sur le plan scientifique à l’élaboration et au déroulement de l’étude. Or, dans l’ensemble, L’ORRS a insisté pour que la majeure partie du travail soit effectuée sur place. « L’université a d’abord suggéré que nous leur envoyions les échantillons pour en prélever l’ADN, une étape relativement simple, explique M. Chaillon. L’ORRS a plutôt insisté pour que l’ensemble de l’opération se fasse dans la région. Les agents de la faune seront donc formés ce printemps pour faire eux-mêmes cette opération. »

« Il y a cette volonté de préserver cette expertise, rien ne se fait sans les gens sur place », insiste le biologiste-vidéaste, qui s’estime choyé d’être ainsi engagé sur le terrain, et surtout, de joindre ses efforts au savoir traditionnel de ses coéquipiers. « Il y a une supervision scientifique, mais ce sont les gens sur place qui mènent l’étude, insiste-t-il. L’expertise se développe ici et va donc rester aux Territoires du Nord-Ouest. Ce ne sera pas réservé à des experts qui repartiront par la suite avec leurs savoirs. »